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La récession se précise au Brésil

La récession se précise au Brésil

Le Brésil est sur le point d’entrer en récession à en croire les dernières données macroéconomiques publiées par l’Institut brésilien de Géographie et Statistique (IBGE). Une nouvelle fois, l’économie brésilienne s’est contractée au 1er trimestre 2015. En données séquentielles, soit par rapport au dernier trimestre 2014, elle se contracte de -0,2%. “La tendance est à un affaiblissement de la croissance. Le Brésil retourne en récession”, indique à Reuters Cristian Maggio, analyste chez TD Securities.

Le recul du PIB s’accélère

Il s’agit là d’un nouveau camouflet pour la politique de Dilma Roussef. Déjà en 2014, la 7e économie mondiale avait difficilement préservé une petite croissance de +0,1% de son Produit intérieur brut (PIB), à 2.460 milliards de dollars sur l’exercice. Cette fois, le rythme de repli du PIB s’accélère au 1er trimestre. Certes, il est un peu meilleur que le consensus attendu, mais la richesse nationale brésilienne recule tout de même de -1,6% au 1er trimestre 2015 en rythme annuel après un repli de déjà -0,2% en glissement annuel au 4e trimestre 2014 (+0,3% en données séquentielles).

Panne des investissements et de la consommation

Les spécialistes s’accordent à voir s’ouvrir les portes de la récession pour le Brésil. Ils s’appuient en particulier sur un constat de nouvelle baisse des investissements des entreprises. Ils se tassent de -1,3% au 1er trimestre 2015, dans un 7e recul trimestriel consécutif, une contre-performance inédite depuis cette la première prise de cette mesure en 1996. La consommation des ménages baisse de -1,5%, le “repli le plus marqué depuis la crise financière de 2007-2009″, dit Reuters. Avec les baisses des dépenses publiques, le relèvement de certaines taxes, l’augmentation du prix de l’électricité et de certains produits depuis le début de son deuxième mandat, la présidente Dilma Rousseff créerait selon les économistes “les conditions d’une récession”.

En perte de vitesse

Rappelons que sous les effets conjugués de la crise et de l’ajustement budgétaire du gouvernement de Dilma Rousseff, la Banque centrale table sur une contraction de -0,5% du PIB du Brésil en 2015, assortie d’une inflation de 7,9%. Le taux directeur de 12,75% reste dissuasif pour les investissements au Brésil, alors que ses voisins latino-américains étaient, à la fin 2014, dans des dynamiques de croissance plus soutenues : Colombie +4,6% ; Mexique +2,1% ; Pérou +2,35%; Chili +1,9% ; Argentine +0,5%…

Alexandra Saintpierre
boursier.com

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