Accueil / International / La Réserve fédérale fait le point sur les premiers pas du président Trump

La Réserve fédérale fait le point sur les premiers pas du président Trump

La Réserve fédérale fait le point sur les premiers pas du président Trump

Le traditionnel comité de politique monétaire de la banque centrale américaine est en cours. Il analyse les débuts du nouveau président américain. Il ne devrait pas modifier sa politique monétaire mais affiner son calendrier. L’épineuse question des réinvestissements des intérêts des obligations détenues par la banque centrale est sur la table.

La banque centrale américaine est réunie depuis mardi comme toutes les six semaines. Mission : analyser l’orientation conjoncturelle des Etats-Unis et décider si l’économie américaine nécessite un nouveau durcissement monétaire après celui de décembre dernier.

Pas de suspense, la réponse devrait être non. La Fed va patienter. Elle n’augmentera pas davantage ses taux directeurs. Certes, la croissance reste solide malgré son récent ralentissement. Au quatrième trimestre le PIB a progressé de seulement 1,9% après 3,5% au cours des trois mois précédents, mais l’investissement en biens d’équipement a lui nettement rebondi (+3,1% vs -4,5%). Certes, les pressions inflationnistes continuent à se renforcer, tout particulièrement dans la sphère salariale. Toutefois, ces indicateurs demeurent trop « modérés » pour que la banque centrale agisse davantage.

Cela ne veut pas dire que ce comité de politique monétaire est sans intérêt. Non, ses membres vont aborder d’autres sujets comme la gestion de son énorme portefeuille d’obligations constitué lors des assouplissements quantitatifs consécutifs.

Jusqu’à présent les intérêts perçus par la Fed étaient systématiquement réinvestis en achats d’obligations souveraines. Vu l’ampleur du portefeuille et l’orientation économique, ce soutien monétaire n’est plus nécessaire. La présidente de l’institution monétaire, Janet Yellen, a dit à deux reprises qu’il faudrait trancher quand les rendements obligataires seront clairement inscrits sur une pente haussière. C’est le cas aujourd’hui. Les taux à 10 ans sont passés de 1,80% à 2,50% dans la foulée de l’élection présidentielle

Trois durcissements vraisemblables en 2017

Il est toutefois trop tôt pour annoncer un tel revirement juste après l’arrivée aux affaires du nouveau président Donald Trump. Il serait interprété comme une provocation car celui-ci a, en effet, contesté la politique menée par la Fed ces dernières années, jugée trop favorable au maintien des démocrates au pouvoir et donc à la candidature d’Hilary Clinton.

La discussion portera évidement sur les premières mesures adoptées par la Maison-Blanche. Le protectionnisme est favorable à inflation par le soutien des prix des biens importés. La Fed va ainsi scruter les véritables intentions de la nouvelle administration pour anticiper ses prochaines actions et éventuellement ajuster son calendrier monétaire.

A ce stade, le communiqué ne devrait afficher que des modifications mineures. C’est en mars, qu’il pourrait y avoir une inflexion du discours de la Fed. Cette réunion sera suivie d’une conférence de presse et d’un ajustement des prévisions économiques. Pour l’heure les économistes tablent sur deux à trois durcissements monétaires cette année comme les membres de la banque centrale d’ailleurs. Pour Laurent Geronimi, Directeur de la Gestion Taux, de Swiss Life, la Réserve fédérale procèdera à deux hausses : l’une après les élections françaises et l’autre en fin d’année. Tout dépendra de la valeur de l’euro face au dollar et donc de la capacité des autorités américaines à freiner la hausse du billet vert. Donald Trump fait une fixation sur cette parité et cible – comme ses conseillers – depuis peu le gouvernement allemand censé manipuler les devises.

Philippe Wenger
investir.lesechos

Aller en haut