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La Russie adopte des sanctions économiques contre la Turquie

La Russie adopte des sanctions économiques contre la Turquie

La destruction d’un chasseur bombardier Su-24 russe par des avions de chasse turcs, mardi 24 novembre, au-dessus de la frontière syrienne, continue d’envenimer les relations entre la Turquie et la Russie.

Une nouvelle étape a été franchie, samedi 28 novembre, après l’adoption par le président russe, Vladimir Poutine, de sanctions économiques contre la Turquie.

Interdiction des importations de certaines marchandises turques

Ces mesures préparées par le gouvernement russe, et adoptées, samedi, par décret par M. Poutine, sont destinées « à assurer la sécurité nationale et celle des citoyens russes ».

Ces sanctions comprennent l’interdiction des vols charters entre la Russie et la Turquie, l’interdiction aux employeurs russes d’embaucher des travailleurs turcs à partir du 1er janvier, ou encore l’interdiction des importations de certaines marchandises turques, selon le texte du décret publié par le Kremlin.

Selon le service de presse du Kremlin, cité par les agences russes, M. Poutine a chargé son gouvernement « de définir une liste de biens et de services auxquels les mesures économiques […] ne s’appliquent pas ». Les compagnies aériennes turques devront par ailleurs se soumettre à davantage de contrôles sur le territoire russe, « pour des raisons de sécurité ».

La Russie a également décidé, vendredi, de suspendre à compter du 1er janvier l’accord d’exemption de visas entre les deux pays.

« Nous avons de plus en plus de questions sur la volonté réelle d’Ankara d’éradiquer le terrorisme », a lancé le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. « Il ne s’agit pas de vengeance. […] La menace est réelle. Un flux de combattants s’est mis en place via la Turquie dans différentes directions. »

La Turquie met en garde ses citoyens qui souhaitent se rendre en Russie

Plus tôt, samedi, la Turquie a recommandé à ses citoyens d’éviter tout déplacement non urgent en Russie. Selon le ministère turc des affaires étrangères, cette mise en garde lancée en raison des « difficultés que rencontrent les citoyens turcs qui voyagent ou qui résident » en Russie, restera valable « jusqu’à ce que la situation se clarifie ».

Parallèlement, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est dit samedi « attristé » par l’incident aérien, affirmant lors d’un discours à Burhaniye qu’il aurait « préféré que cela n’arrive pas ».

Le rendez-vous refusé à la COP21 à Paris

M. Erdogan a demandé, vendredi, à rencontrer son homologue russe en marge des discussions sur le climat, le 30 novembre. « Je ne voudrais pas que ce problème nuise à nos relations », a-t-il dit.

« Comme nous le voyons, la Turquie refuse de s’excuser simplement pour l’incident de l’avion », a répondu le Kremlin. Vladimir Poutine n’a donc pas donné suite à cette demande de rendez-vous, annonçant qu’il discuterait cependant avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, pour évoquer la crise syrienne et le conflit israélo-palestinien, et la chancelière allemande, Angela Merkel.

Sommet UE-Turquie

A la veille d’un sommet avec la Turquie à Bruxelles, les Européens sont divisés sur l’ampleur des concessions politiques et financières à faire à Ankara pour obtenir son aide face à la crise migratoire, d’autant plus dans la situation actuelle de tensions avec la Russie. Le sommet doit réunir les dirigeants des 28 membres de l’UE et le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.

Depuis janvier, plus de 700 000 migrants ont gagné l’Europe depuis la Turquie, qui accueille sur son sol plus de 2 millions de réfugiés et demandeurs d’asile. L’UE s’est dite disposée à accélérer le processus déjà en cours visant à exempter à terme les citoyens turcs de visas pour voyager en Europe. Elle s’engagera aussi à « redynamiser » les négociations d’adhésion de la Turquie, au point mort depuis des années. Côté financier, les 3 milliards d’euros d’aide promis sont actés en principe. Mais personne ne devrait trancher la question sensible de la provenance des fonds.

lemonde.fr

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