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La Russie obligée de tailler dans ses dépenses

La Russie obligée de tailler dans ses dépenses

Une récession de 6,2 % en 2015 ! Telle est la redoutable prédiction publiée avant-hier par Oxford Economics pour la Russie en raison des sanctions occidentales et surtout de la chute des cours du pétrole. Deux jours auparavant, l’agence Fitch avait dégradé une nouvelle fois la note souveraine russe, à BBB -, contre BBB, avec perspective négative. Un peu au-dessus de la catégorie « dette spéculative ». Fitch soulignait que la situation économique s’était « considérablement dégradée ces six derniers mois » et que la croissance ne reviendrait sans doute pas avant 2017. La chute de l’or noir est en effet redoutable pour un pays qui, malgré des années d’efforts pas toujours cohérents en faveur d’une diversification, tire du pétrole un bon tiers de ses recettes en devises et près de la moitié de ses ressources budgétaires. Un baril à 40 dollars pourrait susciter un déficit de sa balance commerciale, inédit au XXIe siècle. Certes, la Russie dispose d’atouts, un très faible endettement extérieur et public et des réserves mobilisables de 370 milliards de dollars pour sa banque centrale. Le gouvernement souligne aussi la capacité, avérée, de résilience du peuple russe. Mais German Gref, le patron de Sberbank, une des rares voix libérales en Russie, prédit une « crise majeure » du secteur bancaire si le cours reste au niveau actuel toute l’année. Le ministre des Finances, Anton Siluanov, se prépare à un baril à 50 dollars en moyenne en 2015. Il a annoncé hier à Moscou un projet de baisse des dépenses de 10 % dans un budget 2015 rectificatif, sauf pour la défense.

Yves Bourdillon
lesechos.fr

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