Accueil / Mines & Energies / “La situation financière d’Areva est préoccupante en termes de sûreté”

“La situation financière d’Areva est préoccupante en termes de sûreté”

“La situation financière d’Areva est préoccupante en termes de sûreté”

Dans une interview, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) explique en quoi les opérations de restructuration du groupe nucléaire peuvent engendrer des dysfonctionnements impactant la sécurité des installations.

La situation d’Areva est préoccupante en matière de sûreté nucléaire et la phase de transition dans laquelle le groupe est engagé présente aussi des risques, a déclaré jeudi 11 juin à Reuters, Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN):

“La situation financière actuelle d’Areva peut être considérée comme préoccupante en termes de sûreté”, a-t-il expliqué.

Autre facteur de craintes pour le président de l’institution: “Les situations intermédiaires où les gens s’interrogent sur leur avenir”. Elles “doivent être les plus courtes possibles, y compris pour des enjeux de sûreté”, estime Pierre-Franck Chevet.

L’ASN prévoit ainsi d’auditionner d’ici fin juin des responsables de l’entreprise pour les interroger sur la façon dont Areva compte honorer ses engagements en la matière. L’organisme de contrôle avait notamment imposé à Areva début 2015 de reconditionner des déchets radioactifs anciens entreposés à La Hague (Manche), et il demande au groupe d’investir dans ses installations pour améliorer leur niveau de sûreté.

Un rapprochement avec EDF synonyme de synergies positives

Evoquant le rapprochement en cours avec EDF, Pierre-Franck Chevet a souligné la vigilance de l’ASN.

“Entre l’orientation et la mise en place complète de la nouvelle organisation, on sera extrêmement vigilants, en termes de sûreté, pour leur demander et s’assurer par des contrôles que les choses se passent bien dans la phase de transition”, a-t-il dit.

L’ASN juge cependant que, dans la perspective de la mise à niveau du parc nucléaire français, le rapprochement entre Areva et EDF pourrait renforcer l’ingénierie de conception des équipements, ainsi que celle des grands travaux, et ainsi s’avérer positive en matière de sûreté.

“Plus les équipes travailleront en harmonie, à effectifs constants ou pas, mieux ce sera. Quand on simplifie les organisations, en général, ça va plutôt dans le bon sens”, précise-t-il.

Craintes que la sûreté pâtisse des suppressions de postes

Concernant le plan de suppression de postes d’Areva, qui concerne entre 5.000 et 6.000 postes au niveau mondial sur trois ans, dont 3.000 à 4.000 en France, l’ASN veut en outre s’assurer qu’il “n’attaque pas des fonctions vitales pour la sûreté”.

“La sûreté reste un objectif absolument prioritaire et le groupe continuera d’investir. Il investit actuellement près de 200 millions d’euros par an sur les questions de sûreté, et ça va continuer, y compris à La Hague”, avait voulu rassurer mercredi 10 juin le président du conseil d’Areva, Philippe Varin, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

De nouvelles anomalies prévues dans l’EPR de Flamanville

Le dirigeant s’attend en outre à de nouvelles difficultés à Flamanville après la révélation cette semaine d’anomalies de fonctionnement de certaines soupapes de l’EPR.

“On est dans la phase où les systèmes finissent d’être assemblés, ils sont testés pour détecter d’éventuelles anomalies et, sans trop m’avancer, je pense qu’il y en aura d’autres. Il y a aussi une partie qui est inhérente à cette période d’avancée d’un chantier”, a-t-il dit.

(Avec Reuters)
latribune.fr

Aller en haut