Accueil / Finances / La Suisse et les Etats-Unis assoient leur domination sur la banque privée

La Suisse et les Etats-Unis assoient leur domination sur la banque privée

La Suisse et les Etats-Unis assoient leur domination sur la banque privée

Le cabinet Scorpio publie son classement annuel des banques privées. Les grands groupes ont beaucoup souffert de la volatilité des marchés.

Un lot de consolation. Les grandes banques suisses bousculées par la fin du secret bancaire et de profonds mouvements de restructuration , dominent encore la gestion de fortune mondiale. Selon le classement 2015 publié jeudi dernier par le cabinet Scorpio Partnership, UBS reste ainsi la première banque privée de la planète. Elle affiche 1.754 milliards de dollars d’actifs sous gestion (à fin 2015), soit pratiquement le PIB de l’Italie ! Même stabilité pour Credit Suisse, qui maintient sa quatrième position (avec 687,3 milliards de dollars d’actifs gérés). Le troisième grand groupe bancaire Julius Baer (11ème position) affiche un peu moins de 300 milliards de dollars d’actifs gérés.

Seules les banques américaines contestent cette domination : cinq d’entre elles se classent dans le « top 10 », exactement comme l’année précédente. Mieux, seules Bank of America et Morgan Stanley (2ème et 3ème) jouent dans la même division qu’UBS, avec pour chacune plus de 1.400 milliards de dollars gérés.

Puissance commerciale

Au total, la photographie de 2015 ressemble donc beaucoup à celle de 2014. Pourtant, conserver leur classement a demandé beaucoup d’efforts aux géants de la gestion de fortune. Une chiffre en témoigne de façon frappante : les 25 banques classées par Scorpio affichent une collecte nette d’argent frais (« net new money », dans le jargon bancaire) en hausse de 33 % sur un an. Or, le montant total des actifs gérés par ces banques a…diminué de 1,7 % sur la même période, à 11.000 milliards de dollars. En cause, des marchés boursiers très agités qui ont très fortement pesé sur la valeur des portefeuilles des clients, et finalement effacé l’excellente collecte d’argent frais.

Il aura donc fallu toutes la puissance commerciale de ces grands groupes bancaires pour contenir la baisse des marchés. C’est à ce prix que les grandes banques parviennent même à renforcer leur emprise, avec une part de marché de 56,3 % en 2015, contre 55,9 % un an plus tôt. Autre signe des efforts consentis par ces 25 banques : leur niveau de dépenses a diminué de 2,4 % en 2015, alors qu’il a augmenté de 1,4 % sur l’ensemble du marché. De même, leur coefficient d’exploitation – indicateur de rentabilité clé dans la banque privée – atteint en moyenne 75,1 %, cinq points de mieux que le marché dans son ensemble (80 %).

Malgré ces points forts, une vraie question se pose à ces géants : comment générer davantage de revenus ? Ces derniers n’ont progressé que de 1 % sur l’année écoulée, et les résultats opérationnels ont même diminué de 4,7 %.

À noter

En vingtième position, China Merchants Bank (CMB) signe la plus belle progression du classement (+6 places en un an) avec 193 milliards de dollars d’actifs gérés à fin 2015.

Edouard Lederer
lesechos.fr

Aller en haut