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La « tech » asiatique fragilisée par l’affaire des puces espionnes chinoises

La « tech » asiatique fragilisée par l’affaire des puces espionnes chinoises

« Bloomberg » a révélé jeudi l’existence d’un possible espionnage massif d’entreprises américaines par le gouvernement chinois. Certaines valeurs technologiques asiatiques ont plongé vendredi en Bourse.

Le ferme démenti d’Apple et Amazon dans l’affaire des puces espionnes chinoises n’a pas suffi à rassurer les marchés. « Bloomberg Businessweek » , citant 17 sources proches du renseignement et d’entreprises américaines, rapportait jeudi que des espions chinois avaient placé des puces dans des cartes mères utilisées par une trentaine d’entreprises (dont Apple et Amazon), ainsi que plusieurs agences fédérales américaines.

Les deux plus grandes firmes américaines sont rapidement montées au créneau. Amazon pour dénoncer un rapport « inexact » – bien qu’elle ait ouvert une enquête en interne -, et la firme de Cupertino pour souligner qu’elle n’avait « trouvé absolument aucune preuve à l’appui de l’une des allégations » de « Bloomberg Businessweek. »

Inquiétude des investisseurs

Mais cette prudence des deux géants de la « tech » n’a pas suffi à couper court aux inquiétudes des investisseurs. Vendredi, Lenovo a vu son cours en bourse plonger de 23 %, soit la plus forte baisse enregistrée depuis près d’une décennie. Et pour cause, avec 30 % de ses ventes réalisées en Amérique du Nord et 75 % à l’extérieur de la Chine en 2017, le fabricant d’ordinateur chinois est particulièrement vulnérable à de potentielles sanctions américaines.

L’équipementier télécoms chinois ZTE, déjà sanctionné par les Etats-Unis, a lui chuté de 14 % en bourse de Hong-Kong. Un juge américain a par ailleurs étendu de deux ans la période d’observation du groupe et de ses activités de 2020 à 2022 avant une éventuelle autorisation de travailler avec des groupes américains. Les indices boursiers asiatiques de référence, comme le Taiex de Taïwan et le MSCI Asie Pacifique, enregistrent eux aussi des pertes.

A la clôture de Wall Street, Apple et Amazon affichaient une baisse respective de 1,8 % et 2,2 %.

Bombe à retardement

Si les marchés s’inquiètent déjà de possibles sanctions américaines contre les entreprises de la « tech » chinoise, les autorités américaines sont encore prudentes. Plusieurs officiels, interrogés par le « Washington Post », ont encore des doutes sur le degré d’exactitude du rapport de « Bloomberg ».

Mais dans le contexte de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, ce rapport ne manquera pas d’alimenter la diatribe de l’exécutif américain contre Pékin. Quelques heures après sa publication et alors que le vice-président américain Mike Pence s’exprimait dans un discours à Washington, ce dernier, sans faire référence à l’affaire des puces chinoises n’a pas manqué de souligner une nouvelle fois les manoeuvres « malveillantes » du gouvernement chinois pour affaiblir Donald Trump.

De son côté, le sénateur démocrate Mark Warner, qui siège à la commission du renseignement de la chambre haute américaine, a indiqué que le rapport prouvait « une fois de plus que le comportement de la Chine constitue une menace sérieuse pour la sécurité nationale et la gestion des risques liés à la chaîne d’approvisionnement. »

Lucas Mediavilla
lesechos

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