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La « tech » et les médias, nouveaux champions de la création de valeur

La « tech » et les médias, nouveaux champions de la création de valeur

Les Etats-Unis dominent toujours le classement des sociétés créatrices de valeur entre 2012 et 2016. Mais les valeurs technologiques et des médias ont pris le dessus sur les biotech.

C’est une véritable passation de pouvoir cette année dans le classement de la création de valeur établi par le Boston Consulting Group, le « Value Creators ». Les valeurs technologiques et de média ont en effet repris la tête de ce classement, remplaçant les valeurs de santé en tête il y a un an.

Sur la base de la valeur créée entre 2012 et 2016, calculé par le TSR (Total Shareholder Return), Netflix, NVidia et Tencent Holdings occupent les trois premières places du classement. Ils ont détrôné Regeneron Pharmaceuticals, Allergan et Gilead Sciences sur le podium. Des quatre valeurs biotech présentes l’année précédente (les trois précités + Biogen), aucune n’apparaît dans le haut du classement cette année. Le secteur a pâti en Bourse l’an dernier de la polémique sur le prix des médicaments aux Etats-Unis.

Gilead,Celgene et Allergan restent toutefois placés dans le Top 20, le secteur se distinguant sur le long terme. « Les valeurs technologiques et média étaient déjà bien présentes dans le classement Value Creators et elles reprennent leur prééminence », constate Jérôme Hervé directeur associé senior au Boston Consulting Group.

Surtout, les valeurs du Top 10 pour 2012-2016, prises parmi les 200 plus grosses entreprises cotées du monde – ont dégagé une performance annuelle « impressionnante », avec un TSR de 41 %, contre 34,7 % pour la période 2011-2015. Une accélération due à une conjoncture plus favorable pour la croissance mondiale et les profits des bénéfices en 2016 qu’en 2011. « Si vous aviez placé 100 dollars il y a 5 ans sur Netflix, vous auriez aujourd’hui 1.050 dollars. La même somme placée sur NVidia vaudrait 830 dollars » a calculé Jérôme Hervé.

Impressionnante

Cela se lit aussi dans la performance « toujours impressionnante » des 10 entreprises suivantes dans le palmarès : 29 % de TSR, Au global, les 2.350 entreprises du classement ont enregistré une performance annuelle de 16 % (12 ,2 % fin 2015), supérieure à la moyenne long terme du S&P 500.

1.050 dollars: C’est la valeur à fin 2016 de 100 dollars de 2012 s’ils avaient été placés en actions Netflix

Autrement dit, « 100 dollars placés sur le S&P 500 équivaudrait à 160 dollars aujourd’hui, vous auriez 210 dollars » pour les « value creators ». Pour Jérôme Hervé, « cette différence s’explique par le retournement du cycle économique, mais aussi par l’impact des innovations, des valeurs technologiques. Celles-ci ont profité de la conjoncture, mais aussi de leur capacité à innover et à capturer les dépenses des consommateurs ».

Comme chaque année, le roulement à l’intérieur du Top 10 est élevé, puisque on ne retrouve que trois valeurs du top 10 précédent dans ce classement basé sur les 200 plus grosses compagnies du monde : Netflix (8ème pour les années 2011-2015), le chinois Tencent (7ème) et le japonais KDDI (qui reste à la 9ème place). « Dans le classement 2016, il y avait eu 5 entrées dans le Top 10 : KDDI, MasterCard, Netflix, Regeneron et Visa. Cette année, seuls Netflix et KDDI sont parvenus à y rester ».

6 sur 10 pour America Inc

Enfin, comme en 2015, le classement 2016 est dominé par les Etats-Unis qui placent 6 entreprises dans le top 10… le solde étant réparti entre l’Asie (3) et une seule européenne, le néerlandais ASML, qui profite de la forte croissance de ses clients dans les semi-conducteurs. « Les Etats-Unis restent dominants, sachant que 2012-2016 est une période de retournement économique après la crise de 2007. Les Etats-Unis sont en phase de rebond, quand l’Europe est encore plongé dans la crise », explique Jérôme Hervé.

Un facteur conjoncturel qui n’explique pas tout. « Année après année, quels que soient les secteurs ; les Etats-Unis sont capables de produire de la création de valeur à un rythme important et surtout dans la durée ». Pourquoi ? « Il y a un environnement pro-business aux Etats-Unis avec un écosystème qui favorise la création, le développement et le financement des entreprises. Elles ont aussi la chance d’avoir un marché domestique important et peu fragmenté, contrairement à l’Europe, avec moins de barrières ».

Pierrick Fay
lesechos.fr

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