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La Vache qui rit fait le pari des vendeurs de rue

La Vache qui rit fait le pari des vendeurs de rue

Le groupe Bel a signé un accord avec la Banque mondiale pour passer de 6.000 à 80.000 vendeurs de rue en 2025. L’objectif est d’accroître les ventes de Vache qui rit de 15%.

En Asie et en Afrique, les vendeurs de rue tiennent une grande partie du commerce alimentaire. Ils sont des millions à survivre ainsi. Des millions aussi à toucher des consommateurs qui n’ont pas les moyens de fréquenter des magasins classiques. A Hô Chi Minh Ville, au Vietnam, 80% de l’alimentation est distribuée ainsi. Le fromager Bel, qui vend une grande partie de ses portions de La Vache qui rit en Afrique le sait parfaitement.

Pour élargir sa clientèle dans les pays émergents , le groupe vient de signer un accord avec la Banque mondiale, avec l’idée de s’appuyer sur l’expertise sociale de l’organisme pour faire passer son réseau de 6.000 à 80.000 vendeurs de rue d’ici 2025 et de six villes à une trentaine. Bel pense ainsi doper ses ventes de Vache qui rit de 15% à cet horizon, tout en dégageant des profits. « Les populations à faible pouvoir d’achat des pays émergents sont pour nous un réservoir de croissance très important », explique Caroline Sorlin, directrice de Bel explorer, l’incubateur de nouveaux modèles économiques du fromager.

Des populations fragiles

En quoi l’expertise de la Banque mondiale est-elle clé ? Si nombreux soient-ils, ces vendeurs de rue n’en sont pas moins fragiles et confrontés à d’énormes difficultés. Sans assurance santé, sans formation, sans compte bancaire, ils sont à la merci de toutes sortes de problèmes. «La concurrence entre eux est féroce et la distribution moderne arrive », dit Caroline Sorlin. « Nous avons voulu construire un modèle nouveau avec eux, fondé sur un partenariat gagnant-gagnant ». En échange de la vente de Vache qui rit, ces petits vendeurs bénéficieront de ce dont ils manquent le plus (couverture santé, formation, etc…).

Aide de la banque mondiale

En signant un partenariat avec la Banque mondiale, Bel veut donc donner une nouvelle dimension à son programme. « L’action sociale est un moteur de fidélisation des vendeurs », explique Caroline Sorlin. Encore plus si elle est étendue à leurs familles. « Nous nous sommes fixés pour objectif de sensibiliser 200.000 personnes aux questions de santé et de garantir une assurance à 30.000 individus », précise Alexandra Berreby, directrice du programme Sharing Cities chez Bel .

L’organisation aide le fromagerà trouver les bons partenaires pour animer les campagnes santé que le groupe finance entièrement. D’ici deux ans, la Banque mondiale devrait verser une subvention de 240.000 dollars qui sera entièrement réinvestie au profit de populations supplémentaires.

Marie-Josée Cougard
lesechos

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