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La valorisation de Snapchat en question

La valorisation de Snapchat en question

Un investisseur a amputé de près de 25% la valeur de sa participation dans l’application de messagerie éphémère.

La semaine avait pourtant bien commencé pour Snapchat, l’application de messagerie éphémère ayant annoncé qu’elle avait franchi la barre des 6 milliards de vidéos visionnées quotidiennement . Valorisée près de 16 milliards de dollars depuis mai dernier , la start-up américaine – qui a prévu de passer par la case Wall Street – voit sa monétisation s’accélérer mois après mois et rien ne semblait pouvoir se mettre au travers de son ascension fulgurante.

Pourtant, ce mercredi, deux documents détaillant la composition du portefeuille du fonds de la société d’investissement Fidelity montrent que celle-ci a amputé de près de 25% la valeur de sa participation dans Snapchat entre fin août et fin septembre.

Une information à prendre avec des pincettes puisque ces documents ne permettent pas de dire avec certitude si Fidelity a estimé que Snapchat avait perdu de la valeur depuis sa dernière levée de fonds au printemps ou s’il a vendu une partie de sa participation.

Une centaine de millions d’utilisateurs quotidiens

De quoi susciter tout de même des craintes en ce qui concerne son niveau de sa valorisation. Lancé en septembre 2011, Snapchat était rapidement devenue très populaire aux Etats-Unis, en particulier parmi les jeunes, et revendiquait une centaine de millions d’utilisateurs quotidiens en mai dernier.

Un parc d’utilisateurs qui pose aussi des questions sur la comptabilisation des vidéos visionnées par ces derniers ainsi que la nature de celles-ci. Car avec 6 milliards de vidéos quotidiennes visionnées, la plate-forme a augmenté de 400% le nombre de ses vues par rapport au printemps dernier.

Surtout, cela rapproche Snapchat de Facebook, qui a annoncé avoir franchi le cap des 8 milliards de vues quotidiennes, la semaine dernière. Sauf que le réseau social s’appuie lui sur un parc d’utilisateurs constitué de 1,55 milliard de personnes sur le mois.

« On doit s’inquiéter de la nature des vidéos »

Cité par l’AFP, Rob Enderle, un analyste spécialiste du secteur technologique, reconnaît que le chiffre est « énorme » pour Snapchat, « mais on doit s’inquiéter de la nature des vidéos », surtout si certaines sont « illicites », prévient-il.

« Je ne suis pas sûr de la manière dont on peut les monétiser », reconnaît-il également, estimant que c’est probablement plus difficile pour ces vidéos envoyées d’un individu à un autre et disparaissant très vite que pour celles qui restent disponibles plus longtemps et pour un grand nombre de personnes sur d’autres plates-formes en ligne.

« Se montrer responsables envers leurs investisseurs »

Pour Erna Alfred Liousas du cabinet de recherche Forrester cité par l’AFP, l’élément clé est que l’application « a gagné beaucoup de terrain parmi le public des Millenials (que Forrester définit comme la tranche d’âge de 18 à 26 ans : NDLR) et ne montre aucun signe de ralentissement. Maintenant, ils doivent se montrer responsables envers leurs investisseurs ».

Pour l’analyste, la croissance dans la vidéo est plutôt de bon augure: « s’ils ne perdent pas d’utilisateurs et continuent de croître, et que les visionnages de vidéos augmentent, cela devrait signifier qu’ils ont une sauce spéciale, qui intéresse vraiment les utilisateurs. »

A l’inverse, Trip Chowdhry – analyste chez Global Equity Research cité par l’AFP – prévient que Snapchat peut encore rejoindre les rangs des étoiles déchues du secteur internet. « Il n’y a pas si longtemps, Groupon allait conquérir le monde, Box allait révolutionner le stockage (de données) et Zynga allait détruire (le géant des jeux vidéos) Electronic Arts », rappelle-t-il, trois prédictions qui ne se sont jamais réalisées. « Le problème, c’est qu’il y a une grande différence entre quelque chose de cool et quelque chose de durable. »

afp/lesechos.fr

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