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La zone euro lance l’épineux débat sur l’allègement de la dette grecque

La zone euro lance l’épineux débat sur l’allègement de la dette grecque

Les ministres des Finances de la zone euro ont lancé vendredi l’épineux débat sur l’allègement de l’abyssale dette grecque, devant l’insistance du FMI et malgré les réticences allemandes, ainsi que l’absence d’accord sur l’avancement des réformes exigées d’Athènes.

Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a annoncé l’ouverture de ces discussions, en arrivant à une réunion à Amsterdam des 19 ministres des Finances de l’union monétaire, à laquelle participe la directrice du générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.

«La question de la dette est une discussion que nous n’avons pas eu avant (…). Je suis un homme heureux que nous puissions commencer ce débat et c’est un bon pas en avant», a déclaré le ministre néerlandais des Finances.

Alors que la Grèce et ses créanciers -UE, BCE et FMI- s’efforcent depuis des mois d’aboutir à un accord sur les réformes nécessaires pour atteindre les objectifs budgétaires, la question sur l’aménagement de la dette publique grecque, qui caracole à près de 180% du PIB, va donc aussi être abordée.

«La seule chose dont nous avions convenus jusqu’ici était la promesse que si les Grecs s’engageaient complètement dans un programme (de réformes, ndlr), nous nous pencherions sur des mesures nécessaires concernant la dette», a ajouté M. Dijsselbloem devant des journalistes, en allusion aux termes de l’accord conclu à l’été 2015 sur un troisième plan d’aide de 86 milliards d’euros.

Le président de la zone euro a estimé que les Grecs «avaient fait beaucoup de travail» depuis cet accord, saluant des «réformes majeures qui ont un fort impact sur la société grecque».

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a souligné que l’accord de l’été 2015 «reposait sur deux piliers». «D’un côté, il faut qu’il y ait des réformes suffisantes et nous progressons sur ce front, et d’un autre côté, il faut que la dette grecque soit soutenable, sur ce front là, nous n’avons pas encore commencé les discussions», a-t-elle dit.

- Vérifier les chiffres «très soigneusement» -

«Il faut faire davantage et il faut s’entendre sur la soutenabilité de la dette grecque aussi, c’est crucial», a martelé Mme Lagarde.

Le FMI a toujours insisté sur le fait que pour être viable pour la Grèce, le programme de réformes réclamées à ce pays devait s’accompagner d’un allègement de sa dette. L’Allemagne, qui plaide pourtant pour une participation du FMI au programme d’aide à la Grèce, a à maintes reprises affirmé son opposition à tout nouvel allègement de la dette.

Interrogé sur le sujet d’un allègement de la dette grecque, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré: «Ce sujet n’est pas au premier plan et avant tout, cela ne doit pas détourner notre attention de ce qu’il faut faire». Il a rappelé son attachement aux réformes à mener en Grèce.

Jeudi, Eurostat, l’office européen des statistiques, a publié des chiffres sur le déficit public grec en 2015, qui se sont avérés «meilleurs que prévu» selon la Commission européenne.

D’après Eurostat, la Grèce a dégagé un excédent primaire budgétaire (c’est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette, ndlr) égal à 0,7% de son PIB l’an passé contre un déficit attendu de 0,25%.

Mme Lagarde a déclaré accueillir «avec beaucoup d’intérêt» ces chiffres, tout en soulignant la nécessité de les vérifier «très soigneusement».

Interrogé sur les doutes de la patronne du FMI, M. Schäuble a insisté sur le fait qu’il s’agissait de «chiffres confirmés par les institutions européennes», «pas des chiffres grecs».

A Athènes, les ministres grecs avaient repris mardi leurs discussions avec les représentants des créanciers européens, après une pause le week-end pour la réunion de printemps du FMI. Elles achoppent encore sur les modalités de mise en oeuvre des réformes des retraites et fiscales que le gouvernement s’est engagé à faire pour permettre à la Grèce d’économiser comme convenu quelque 5,4 milliards d’euros. Le pays fait face à d’importantes échéances de remboursement en juillet.

20minutes.fr

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