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LafargeHolcim va chercher chez Sika son nouveau directeur général

LafargeHolcim va chercher chez Sika son nouveau directeur général

Jan Jenisch prendra la tête du leader mondial du ciment en octobre. Il lui faudra apaiser les tensions nées de la fusion entre Lafarge et Holcim, ravivées par le dossier syrien.

L’incertitude sur l’identité du futur patron de LafargeHolcim aura été de courte durée. Un mois après l’annonce du départ d’Eric Olsen , amené à la démission pour apaiser les tensions générées par le très embarrassant dossier syrien , le leader mondial des matériaux de construction a choisi lundi l’Allemand Jan Jenisch, cinquante ans, jusque-là directeur général de Sika, pour lui succéder. Il prendra ses fonctions mi-octobre.

Ce recrutement a été salué par les marchés : le cours de l’action a clôturé en hausse de 6,35 % à la Bourse de Paris. Les investisseurs ont manifestement apprécié le profil de Jenish, et surtout son bilan à la tête du spécialiste de la chimie de construction Sika. Il y a fait l’essentiel de sa carrière, avant de prendre la direction du groupe en janvier 2012. Depuis cette date, le cours de Bourse de l’action a triplé.

Sika a notamment bouclé l’année 2016 avec une hausse de 5,5 % de son chiffre d’affaires, à 5,8 milliards de francs suisses (5,3 milliards d’euros). Le bénéfice d’exploitation a, lui, grimpé de 18 %, et le résultat net est en progression de 22 %, à 520 millions d’euros.

Si ces excellentes performances plaident pour lui, Jan Jenisch aura toutefois un double défi à relever. Il lui faudra tout d’abord s’adapter à la taille de son nouveau groupe, qui réalise un chiffre d’affaires cinq fois supérieur à celui de Sika.

Un contexte tendu

De surcroît, LafargeHolcim reste miné par les dissensions internes. Annoncée selon la formule consacrée comme un « mariage entre égaux » en 2015, la fusion entre le français Lafarge et le suisse Holcim s’est vite transformée en conflit à peine larvé entre dirigeants et actionnaires des deux camps.

Conflit reparti de plus belle ces derniers mois, lorsque « Le Monde » a révélé que Lafarge avait versé en 2013 et 2014 des centaines de milliers de dollars à des groupes armés possiblement liés à l’organisation Etat islamique, pour assurer le fonctionnement de son usine en Syrie malgré la guerre.

Face au scandale, et aux risques judiciaires potentiels, LafargeHolcim a diligenté une enquête interne. Qui s’est soldée le mois dernier par la démission d’Eric Olsen (qui avait fait sa carrière chez Lafarge), un communiqué assurant toutefois que celui-ci n’était ni responsable ni informé des « mesures inacceptables » prises en Syrie. Selon plusieurs observateurs, l’affaire syrienne fournit l’opportunité aux actionnaires de l’ex-Holcim de pousser vers la sortie des anciens de Lafarge.

Apaiser les esprits

Dans ce contexte plein de suspicion, l’identité du nouveau directeur général était très attendue, et le fait qu’il ne s’agisse ni d’un ex-Lafarge ni d’un ex-Holcim est de nature à apaiser les esprits. Les qualités managériales et relationnelles que lui prêtent certaines sources ne seront toutefois pas superflues.

Heureusement pour lui, le nouveau dirigeant a l’habitude de ­travailler dans un contexte tendu : Sika fait depuis deux ans et demi l’objet d’un bras de fer entre Saint-Gobain, qui veut prendre le ­contrôle de l’entreprise à la faveur d’un accord avec la famille fondatrice, et le management et une partie des actionnaires, qui s’opposent à l’opération.

lesechos

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