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L’AFD lance Digital Africa une plate-forme d’appui à l’innovation africaine

L’AFD lance Digital Africa une plate-forme d’appui à l’innovation africaine

L’annonce en a été faite au salon VivaTech qui s’est tenu la semaine dernière à Paris, l’AFD lance Digital Africa, une plate-forme d’appui à l’innovation en Afrique. Plus que de débloquer des financements pour les jeunes pousses, il s’agit de créer un écosystème favorable aux entrepreneurs du numérique… Une sorte d’incubateur de startup.

Au départ, Digital Africa était un concours de startups en direction des jeunes entrepreneurs africains. Face au succès, l’Agence française de développement a décidé de passer à la vitesse supérieure. Rima Le Coguic est directrice du département en charge des transitions énergétiques et numériques. Elle explique que « l’AFD va fédérer les incubateurs de startups en Afrique. L’AFD va se transformer, et souhaite devenir une “AFD plateforme”. Plateforme pour fédérer les partenaires comme nous, bailleurs et financiers, fédérer aussi les autres acteurs, les associations et les entreprises privées, et co-construire ensemble les solutions pour ne pas être dans une approche “offre de service”, le Nord qui apprend au Sud », dit-elle.

Plateforme d’aide et d’échange, Digital Lab est directement inspiré de l’expérience acquise par Karim Sy, entrepreneur, et fondateur de la plateforme Jokkolabs. Ce Franco-Malien est convaincu qu’il faut révolutionner les façons de travailler et de partager les savoirs, les méthodes et l’expérience. « Un écosystème, c’est plusieurs acteurs : des gros poissons, des petits poissons, des requins, etc. Mais quand on regarde, cet écosystème est vertueux, car il permet de se préserver pour le futur. Donc, je dirais qu’il s’agit d’arriver à réfléchir à un écosystème numérique où l’on n’a pas seulement des entités organisées les unes à côté des autres, mais un environnement où l’on arrive à réconcilier technologie et bien commun. »

Combler les carences des États africains

Mais qu’en pensent les premiers concernés à savoir le startups africaines ? Du bien et ce d’autant plus que le Digital Lab vient combler les carences des États africains. Ken Kakena est le co-fondateur d’une fintech sénégalaise, Wizall. Pour lui, « malheureusement, les pouvoirs publics de nos pays ne sont pas très engagés dans la question de l’entrepreunariat », déplore-t-il. « Donc, tous ces acteurs-là, notamment l’AFD et les incubateurs nous aident à nous développer. » Mais il relativise : « Maintenant, il y a encore un long chemin à faire. Les incubateurs aujourd’hui chez nous sont surtout des espaces de coworking et de rencontre, mais pas vraiment des espaces dans lesquels on a un accès rapidement au financement, au mentoring ou au financement. Il y a donc encore du chemin à faire, mais le simple fait qu’ils soient là et qu’ils croient en nous nous apporte beaucoup. »

Le Digital Lab nouvelle formule disposera dès 2019 d’un fonds de 65 millions d’euros afin d’accompagner les jeunes pousses africaines.

Olivier Rogez
rfi

 

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