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L’Afrique réveille ses atouts pour une économie moderne et intégrée

L’Afrique réveille ses atouts pour une économie moderne et intégrée

Les dirigeants de 26 pays d’Afrique, de l’est et du sud, ont annoncé la signature pour ce mercredi d’un accord de libre-échange présenté comme un support important pour l’intégration économique inter-régionale africaine. Chefs d’Etats et de gouvernements sont actuellement réunis à Charm-el-Cheikh, localité balnéaire du sud de l’Egypte et centre touristique de renommée mondiale. Ils ont fait savoir lundi que leur traité de libre-échange englobera la moitié orientale du continent. L’ensemble projeté regroupera, en effet, les pays du Marché commun des États d’Afrique australe et de l’Est (Comesa), de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), soit plus de 625 millions d’habitants et plus de 1.000 milliards de dollars de PIB.

Il a fallu 5 années de tractation pour aboutir à ce qui va voir le jour, à savoir la naissance de « La Tripartite », c’est-à-dire un grand marché commun unissant 26 des 54 pays du continent et créant un cadre pour aller vers des tarifs douaniers préférentiels. Depuis dimanche de hauts responsables planchent sur la mouture de fonctionnement de cet ensemble. « Le texte est complet et prêt à être signé par les chefs d’Etat mercredi », a déclaré Peter Kiguta, directeur général de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est.

A rappeler que les échanges commerciaux entre les trois blocs Comesa, EAC et SADC ont plus que triplé entre 2004 et 2014, passant de 30,6 milliards de dollars à 102,6 milliards de dollars, selon les experts. « Un traité de libre-échange dans une zone allant de la Méditerranée au Cap de Bonne-Espérance est un pas en avant monumental », a estimé le ministre égyptien de l’Industrie et du Commerce, Mounir Fakhri Abdel Nour. Il a précisé qu’après la signature mercredi, le traité devra être ratifié par les 26 parlements mais qu’il ne s’agira que d’une procédure « simple après tant d’efforts pour préparer le document ».

« Ce traité est une étape fondamentale vers la réalisation du rêve du continent africain », le rêve d’un marché unique « qui renforcera notre pouvoir de négociation, créera des emplois et améliorera la qualité de notre production », a conclu M. Abdel Nour. Seuls 12% environ des échanges commerciaux en Afrique ont lieu entre pays du continent, contre 55% en Asie et 70% en Europe. La “Tripartite” devrait fournir un mécanisme pour identifier les barrières non tarifaires et les éliminer, selon des responsables. Le traité a également pour objectif d’augmenter la part de l’Afrique dans les échanges commerciaux à l’international -qui s’élève actuellement à 2%- en développant les industries nationales des 26 pays.

Les trois blocs sont très hétérogènes, comprenant des pays extrêmement pauvres et d’autres riches ou à fort potentiel de croissance. La “Tripartite” englobera l’Afrique du Sud et l’Égypte, les deux économies les plus développées du continent, ainsi que des pays dynamiques comme l’Éthiopie ou le Kenya. Mais pas le Nigeria, pourtant première puissance économique et pétrolière d’Afrique.

Economie et climat: Pas que des inconvénients

Continent le plus exposé aux conséquences du changement climatique, l’Afrique réfléchit aux retombées des bouleversements climatiques sur son économie. Elle possède pourtant un immense potentiel en matière d’énergies renouvelables, qui peut lui éviter de répéter les erreurs des pays développés en devenant un modèle de croissance verte. « Nous avons une opportunité extraordinaire de voir un continent qui croît vite, croître de manière verte », estime Makthar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique. « L’Afrique peut devenir un modèle à suivre », confirme Kurt Lonsway, directeur du département Environnement à la Banque africaine de développement (BAD), qui assure que le continent peut se développer « sans reproduire les conséquences négatives qu’ont connues les pays industrialisés ».

Pour devenir un modèle, les pays africains ont cependant besoin de 45 milliards d’euros par an pour s’adapter au changement climatique, selon les Nations unies – une facture salée pour un continent qui ne contribue qu’à 4% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. Après quatre années de gestation, le Fonds vert pour le climat, promis par les pays industrialisés pour aider les pays pauvres, a reçu des moyens certes significatifs, mais encore insuffisants: 21 pays se sont pour le moment engagés à verser près de 10 milliards de dollars. Mais pour Donald Kaberuka, le président sortant de la BAD, il est possible de trouver “d’autres moyens de financement”, en multipliant les “taxes carbone” ou les “taxes sur la marine marchande”.

radiovaticana.va

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