dimanche 21 juillet 2019
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L’Afrique, terre de diamants : 9 pays producteurs et 9 pierres célébrissimes

L’Afrique, terre de diamants : 9 pays producteurs et 9 pierres célébrissimes

Le diamant est la plus grande richesse du continent en matière de pierres précieuses. Une richesse qui a longtemps alimenté les guerres et autres rébellions. Les pays producteurs sont légion, et plusieurs compagnies nationales comme étrangères ont vite compris que le secteur est un terrain de choix pour investir et réaliser de substantiels profits en Afrique.

Selon les données du site de statistiques Statista.com, le pays disposant des plus grandes réserves de diamant en 2016 est l’Australie avec 210 millions de carats. Le pays-continent est suivi de la RD Congo (150 millions de carats), du Botswana (130 millions de carats), de la Russie (100 millions de carats), de l’Afrique du Sud (70 millions de carats). Parmi les autres nations riches en diamants, on retrouve en Afrique, la Sierra Leone, le Lesotho, l’Angola, la Namibie ou encore le Ghana et le Zimbabwe.

 

Le Botswana, leader africain, en PPP avec De Beers

La première mine de diamant du pays a été découverte un an après l’indépendance, en 1967, et depuis, le poids du secteur dans l’économie s’est accru au fil des années. Aujourd’hui, Le secteur minier, porté par le diamant, compte pour 80% dans les exportations du pays, 38% des recettes budgétaires et 23% dans les recettes douanières. Le pays est premier producteur en Afrique et deuxième mondial derrière la Russie.

 Jwaneng mine

Le projet Jwaneng est la plus grande mine en termes de valeur de production au monde.

 

22 % de taxes sur les diamants pour les compagnies minières, 10 à 15 % de royalties sur les bénéfices, le gouvernement contrôle bien son secteur du diamant avec un système de redistribution basé sur d’importantes taxes.

Cependant, la mainmise de l’Etat botswanais sur son diamant, prend également appui sur son partenariat public-privé avec De Beers, filiale du géant Anglo American et la plus grande entreprise de diamant au monde. Les deux parties ont formé une joint-venture (50/50), Debswana, pour l’exploitation des mines, et une compagnie, la Diamond Trading Company Botswana (DTCB), pour la valorisation des diamants produits.

« Si l’on regarde le partenariat entre le conglomérat De Beers et l’Etat botswanais, on se rend compte que le gouvernement reçoit 85 % des revenus du diamant, et De Beers 15 %. Cette relation entre le gouvernement et De Beers a été très bénéfique pour nous », confie à RFI, Charles Siwawa, président de la Chambre des mines.

« Si l’on regarde le partenariat entre le conglomérat De Beers et l’Etat botswanais, on se rend compte que le gouvernement reçoit 85 % des revenus du diamant, et De Beers 15 %. Cette relation entre le gouvernement et De Beers a été très bénéfique pour nous ».

Les deux plus grandes mines de Debswana, en l’occurrence Jwaneng et Orapa, représentent 92% de la production de diamant du Botswana en termes de valeur. Le projet Jwaneng est la plus grande mine en termes de valeur de production au monde. Un plan d’expansion est en cours pour étendre la durée de vie de la mine jusqu’en 2040.

Dans le même temps, la compagnie prépare un projet d’expansion à sa mine Lethlakane, où l’exploitation à ciel ouvert a pris fin en novembre 2016. Le projet lui permettra de traiter des résidus miniers pendant 25 années supplémentaires.

Outre De Beers, le pays accueille également sur ses terres Lucara Diamonds, compagnie cotée à Toronto, qui opère sur la mine Karowe, troisième plus grande mine du Botswana par la valeur de la production. Citons également Botswana Diamonds et le russe Alrosa, actifs dans l’exploration. La joint-venture entre les deux parties détient au Botswana des licences couvrant 4976,9 km². Gem Diamonds détient à 100% le projet Ghaghoo, hébergeant 20,53 millions de carats de ressources et actuellement placé en maintenance et entretien.

 

En RDC, les plus grandes réserves d’Afrique

Si la RD Congo détient les plus grandes réserves de diamant en Afrique selon Statista.com, côté production, la situation n’est pas la même. En 2018, le pays a produit 22 938 008,40 carats de diamant, selon le ministère des Mines. Le gouvernement table sur une production de 27 984 370,25 carats en 2019.

Si les informations sur les projets diamantifères sont assez rares, le site diamants-infos.com indique que le pays abrite cinq projets et opportunités, à savoir Blue Diamond, K North, Kasai Diamond, Kayembe Project et Soneco SARL Project.

diamant RDC

En RDC, la production de diamant reste essentiellement informelle.

 

La majorité de la production est réalisée de façon informelle et non par de grandes sociétés minières. Selon les estimations, environ 700 000 mineurs artisanaux sont actifs dans le secteur.

La majorité de la production est réalisée de façon informelle et non par de grandes sociétés minières. Selon les estimations, environ 700 000 mineurs artisanaux sont actifs dans le secteur.

En RD Congo, les gisements de diamants sont concentrés dans le Kasaï-Oriental, près de Mbuji-Mayi, et dans le Kasaï-Occidental. Ils sont alluvionnaires, éluvionnaires et primaires et étroitement liés à des cheminées de kimberlites. On retrouve également du diamant dans le Bas-Congo, le Haut-Congo, le Maniema, l’Equateur et le Bandundu.

 

L’Angola, avec la Russie

En Angola, le secteur du diamant est en plein essor. Le pays est actuellement le cinquième producteur/exportateur mondial.

La majeure partie (75%) de la production angolaise de diamant provient d’une seule mine, celle de Catoca, détenue par un consortium dans lequel se trouvent le russe Alrosa et la compagnie nationale de diamant, Endiama.

La majeure partie (75%) de la production angolaise de diamant provient d’une seule mine, celle de Catoca, détenue par un consortium dans lequel se trouvent le russe Alrosa et la compagnie nationale de diamant, Endiama.

Lors de la présentation du bilan opérationnel d’Endiama pour le compte de l’année 2018, son président José Manuel Ganga Junior, a déclaré que la compagnie prévoit de doubler sa production à 14 millions de carats d’ici 2022, et rivaliser avec les plus grands producteurs mondiaux.

Sergey Ivanov AlrosaDL

Sergey Ivanov, Président d’Alrosa.

 

En dehors de Catoca, Endiama et Alrosa sont également partenaires sur le projet Luaxe, présenté comme la plus importante découverte de diamant de la décennie, avec une ressource de 350 millions de carats et la capacité de produire annuellement 10 millions de carats sur toute sa durée de vie.

L’autre important projet de diamant en Angola est celui de Lulo, géré par Lucapa Diamond en partenariat avec Endiama et Rosas & Petalas. En 2016 et en 2017, le projet a enregistré le plus grand prix par carat de diamant. Lucapa et ses partenaires sur la mine ont enregistré pour l’année globale 2018 une hausse de 3% en glissement annuel à 19 196 carats. Parmi des grandes découvertes de diamants effectuées sur la mine, la plus importante est la pierre de 404 carats extraite en février 2016, le plus gros diamant jamais trouvé en Angola.

 

Afrique du Sud

Le secteur sud-africain du diamant est souvent éclipsé par ses homologues de l’or, du platine ou des autres produits pour lesquels la nation arc-en-ciel est leader. Pourtant, de très grandes découvertes de diamant ont été effectuées sur des mines du pays dans le passé, citons à titre d’illustration le Cullinan, plus gros diamant de l’histoire.

L’Afrique du Sud accueille sur son territoire de grands diamantaires, comme De Beers et Petra Diamonds. Selon les estimations, la majeure partie de la production sud-africaine de diamant proviendrait en 2017 de la mine Venetia de De Beers, et de la mine Finsch de Petra Diamonds.

Venetia De Beers

Une équipe de la mine Venetia.

 

La mine à ciel ouvert Venetia, est la première source de production de diamants en Afrique du Sud (40% de la production annuelle). De Beers y prépare un projet d’expansion souterraine, qui devrait lui permettre de traiter, à partir de 2022, 133 millions de tonnes de minerai et produire environ 94 millions de carats sur toute la durée de vie restante.

Petra Diamonds détient trois anciennes mines de De Beers, en l’occurrence Cullinan, Finsch, Koffiefontein. La mine Cullinan produit depuis plus de 100 ans et a livré le diamant Cullinan. Elle est actuellement en phase d’expansion et devrait fonctionner pour encore 25 ans.

On retrouve également en Afrique du Sud la compagnie minière Diamcor, active sur le projet Krone-Endora comprenant des droits d’exploration couvrant environ 5888 ha et adjacents à la Venetia Diamond Mine, de De Beers.

 

Namibie

La Namibie fait partie du top 10 des plus grands producteurs de diamant au monde, et toute sa production est alluviale. L’opération offshore de De Beers, Debmarine, produit plus de la moitié de la production namibienne par le volume et la valeur.

Debmarine

Debmarine, seule mine marine de diamant à grande échelle au monde.

 

Debmarine est actuellement la seule mine marine de diamant à grande échelle au monde. Elle est détenue par Namdeb Holdings, une joint-venture (50/50) de De Beers et du gouvernement namibien. Le projet héberge, selon les estimations, plus de 80 millions de carats.

 

Zimbabwe

En 2014, le pays était 8e plus grand producteur de diamant au monde avec 4,7 millions de carats, selon les chiffres du groupe Kimberley Process. Depuis, la production a baissé, le gouvernement ayant décidé en mars 2016 de nationaliser ses mines de diamants en les fusionnant en une seule entité.

Toutes les compagnies opérant autour de la zone de Marange ont été expulsées, après leur refus d’intégrer la Zimbabwe Consolidated Diamond Company (ZCDC), entité créée par l’Etat pour gérer ses mines de diamant. La raison évoquée est l’expiration de leurs licences.

Toutes les compagnies opérant autour de la zone de Marange ont été expulsées, après leur refus d’intégrer la Zimbabwe Consolidated Diamond Company (ZCDC), entité créée par l’Etat pour gérer ses mines de diamant.

En juin 2017, la ZCDC a déclaré avoir produit depuis le début de ses opérations en mars 2016, 513 000 carats. Selon la Banque centrale du pays, ce dernier aurait tiré de janvier à mai 2017, 27 millions $ de revenus de son secteur du diamant, en baisse par rapport aux 51 millions $ tirés au cours de la période correspondante en 2016.

 

Sierra Leone

La Sierra Leone a été, pendant plusieurs années, la plaque tournante d’un trafic de diamants qui a servi à financer une guerre civile dans les années 90. Si cette guerre a pris fin en 2002 après plus de 50 000 décès, ce n’est qu’en 2003 que l’ONU a levé l’embargo sur l’exportation de diamants, qui frappait le pays. Aujourd’hui, le pays semble se remettre de ces années sombres. Selon le Kimberley Process, il a produit en 2015, 500 000 carats de diamants, d’une valeur totale de 154,253 millions $. Parmi les plus grands projets du secteur, citons les mines Tongo et Tonguma, qui hébergent, à elles deux, une ressource de 5 millions de carats. On retrouve également les mines de Koidu et de Voorspoed.

En mars 2017, un chercheur occasionnel du nom d’Emmanuel Momoh a découvert dans la province de Kono un énorme diamant de 706 carats, qui, selon l’analyste Paul Zimnisky, pourrait se situer « entre le 10e et le 15e jamais trouvés».

 

Lesotho

Le Lesotho héberge la plus haute mine de diamant au monde, celle de Letseng, détenue par la compagnie minière Gem Diamonds, et située à 3000 m d’altitude. La mine Letšeng est connue pour sa capacité à produire des diamants blancs de qualité exceptionnelle. Gem Diamonds a récupéré en janvier 2018 sur la mine une pierre de 910 carats, considérée comme le cinquième plus gros diamant de qualité «gemme» jamais découvert.

 Liqhobong Diamond Mine

La mine de Liqhobong sous la neige.

 

Outre ce projet, on retrouve également la mine de Liqhobong, gérée par Firestone Diamonds, la mine de Kao, propriété de Namakwa Diamonds, ou encore la mine Mothae de Lucapa Diamond.

Selon le Kimberley Process, le Lesotho a produit en 2015, 304 000 carats de diamants pour une valeur totale de 283,6 millions $.

 

Tanzanie

Des 300 kimberlites identifiées dans le pays, 44 sont diamantifères et les zones d’exploitation sont situées au nord. La production de diamant de la Tanzanie, qui a atteint 356 000 carats en 2000, était de 217 000 carats en 2015 selon le Kimberley Process. La plus grande mine du pays est celle de Williamson détenue par Petra Diamonds.

 

Les autres pays producteurs de diamant

Les autres pays producteurs de diamant en Afrique comprennent le Ghana (174 000 carats en 2015), la Guinée (167 000 carats), le Libéria (69 000 carats), le Congo (40 000 carats), la Côte d’Ivoire (15 000 carats) et le Cameroun (2 000 carats). Ces données ont été publiées en octobre 2016 par le Kimberley Process, organisme créé en 2000 pour plus de transparence dans le secteur mondial du diamant.

 

Les diamants africains les plus célèbres

 

Cullinan (1905, Afrique du Sud)

1 Cullinan

C’est la plus grande découverte de diamant jamais réalisée. Le diamant de 3106 carats a été récupéré en 1905 sur la mine Premier, en Afrique du Sud. Après taille, la pierre a produit 105 gemmes d’un poids total de 1063 carats, dont la plus grosse est un diamant en forme de goutte d’eau nommée Étoile d’Afrique, et pesant 530,2 carats.

Jonker (1934, Afrique du Sud)

2 Jonker Cape Town Diamond Museum

 

En 1934, le plus beau des plus gros diamants jamais trouvés, le Jonker, a été récupéré sur la mine Premier, et pesait environ 726 carats. Il a été taillé en 12 gemmes pesant de 125,35 à 5,3 carats.

 

La Promesse du Lesotho (1967, Lesotho)

3 Promesse du Lesotho

 

En 1967, fut découvert le Lesotho, d’un poids brut de 601,25 carats. La découverte a été faite par la compagnie minière Gem Diamonds, et le diamant est présenté comme le 15e plus gros diamant jamais découvert. Sa taille ne s’est achevée qu’en 2007. Il a produit 26 pierres pour un poids total de 224 carats.

 

L’Excelsior (1893, Afrique du Sud)

4 excelsior diamond

 

En 1893, fut récupérée à la mine Jagersfontein, en Afrique du Sud, l’Excelsior, une pierre de 995,2 carats. C’est un camionneur nommé Kaffir qui l’a remis au directeur de la mine, en échange, de 500 £ et d’un cheval équipé d’une selle. Il possède une couleur délicatement bleutée, bien qu’il ait de nombreuses taches noires internes.

 

L’Esprit de De Grisogono (XXe s, Centrafrique)

5 Esprit de De Grisogono

 

C’est le plus gros carbonado taillé avec une masse de 312,24 ct. Si on assimile les carbonados aux diamants, c’est également le 5e plus gros diamant taillé au monde. Il est issu d’une pierre brute de 587 carats. Il a été taillé et monté sur une bague par Fawaz Gruosi, créateur de la marque De Grisogono. Le diamant a été découvert en République centrafricaine, au XXe siècle, à une date inconnue.

 

Le Golden Jubilee (1985, Afrique du Sud)

6 Golden Jubilee

 

C’est le plus gros diamant facetté du monde. De couleur jaune/marron, il pèse 545,67 carats, huitième plus grosse pierre jamais trouvée. Sa caractéristique la plus remarquable est le poids de la pierre taillée, qui dépasse celui du Cullinan I (545,67 carats contre 530,2 carats). Il a été découvert à la mine Premier, en Afrique du Sud, en 1985.

 

Lesedi La Rona (2015, Botswana)

7 Lesedi La Rona

 

Cette pierre de 1109 carats a été découverte en novembre 2015 par la compagnie minière Lucara Diamond sur sa mine Karowe, au Botswana. Lesedi La Rona, signifiant «Notre Lumière», est le plus gros diamant brut découvert depuis le «Cullinan».

 

La Pierre du 4 février (2016, Angola)

8 4 de fevereiro

 

«The 4th February Stone» a été découvert en Angola sur la mine Lulo le 4 février 2016. C’est le 27e plus gros diamant au monde et la plus grosse gemme jamais découverte en Angola. Il a détrôné « l’Etoile de l’Angola » (217,4 ct), qui est devenue le deuxième plus gros diamant découvert dans le pays.

 

La Légende du Lesotho (2018, Lesotho)

Diamonds

 

L’«exceptionnel» diamant de 910 carats a été récupéré à la mine de Letšeng (Lesotho) par Gem Diamonds. La pierre de couleur blanche et de type IIa est considérée comme le cinquième plus gros diamant de qualité «gemme» jamais récupéré. Elle a été vendue à 40 millions $.

 

La reine des pierres précieuses
Utilisé dans l’ancienne Grèce pour désigner toute pierre dure (origine grecque «adamas», signifiant «indomptable»), le mot diamant désigne aujourd’hui cette forme minérale du carbone, placée au sommet de la hiérarchie des pierres précieuses. Il se présente sous plusieurs aspects, le diamant véritable (gemme cristallisée), le bort (cristallisé imparfait extrêmement dur et de couleur foncée), le ballas (agrégat sphérique de minuscules cristaux), le carbonado ou diamant noir (catégorie opaque grise ou noir, sans clivage). De plus, il existe sous plusieurs couleurs, le blanc (incolore), le jaune (ou le brun) considéré comme imparfait, le bleu ou le vert, rare, et le rouge, extrêmement rare. La valeur d’un diamant dépend de sa couleur, de sa forme, de la présence ou non d’imperfections, et de son poids (habituellement en carat).

Exploitation et mise en valeur
Le diamant est exploité à partir de mines à ciel ouvert, souterraines, ou sous-marines. Bien que le mécanisme varie selon la région, l’exploitation suit en général quatre étapes, l’élimination des éléments stériles (sol et roches qui couvrent le sable diamantifère), l’extraction, le concassage et le lavage. La mise en valeur de la beauté d’un diamant nécessite une multitude d’opérations allant du clivage à la taille, en passant par le sciage. Ces techniques de l’art lapidaire sont très exigeantes.

LNK

 

 Louis-Nino Kansoun

agenceecofin

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