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L’Allemagne sous pression pour relancer la croissance mondiale

L’Allemagne sous pression pour relancer la croissance mondiale

L’Allemagne, qui assumera la présidence du G20 l’an prochain, s’est retrouvée sous pression à Washington pour qu’elle participe davantage aux “efforts collectifs” de relance de la croissance mondiale, en augmentant ses dépenses.
“Certains pays disposent de marge de manoeuvre budgétaire. Parmi eux, il y a sans aucun doute le Canada, l’Allemagne ou encore la Corée du Sud”, a affirmé la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en ouvrant la réunion d’automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Washington.
“C’est la première fois qu’elle désigne nommément l’Allemagne”, a assuré à l’AFP une source européenne, rappelant que la directrice générale se contentait jusqu’à présent de lancer un appel général à activer le levier de la dépense budgétaire pour relancer une croissance mondiale morose, qui devrait ralentir à 3,1% cette année.
Mme Lagarde est même allée plus loin en jugeant que la baisse d’impôts annoncée par le gouvernement de la chancelière Angela Merkel n’était pas suffisante: “Nous espérons que cette baisse fasse partie d’un paquet de mesures plus large qui exploite la marge de manoeuvre budgétaire dont dispose l’Allemagne”, a-t-elle déclaré sans détour.
Selon elle, les taux d’intérêt très faibles sur les marchés donnent une opportunité à “des pays comme l’Allemagne” pour se financer à bas coût sur les marchés pour “développer ses infrastructures”.
- Changement de ton -
Ce changement de ton coïncide avec une réunion du G20 finances, qui se tient à Washington en marge de celle du FMI, la dernière avant que Berlin n’assume l’année prochaine la présidence de groupe des principales économies développées et émergentes.
“C’est le moment choisi par les Etats-Unis pour faire pression sur l’Allemagne pour qu’elle mette certains points à l’agenda de sa présidence l’an prochain”, a expliqué à l’AFP une source proche des négociations. Parmi les points en question: l’appel aux pays disposant de marge de manoeuvre budgétaire à dépenser plus.
Washington et Berlin ont déjà connu des différends par le passé. En 2013, le Trésor américain avait déjà critiqué le modèle économique de la première puissance économique européenne, et notamment la faiblesse de sa demande intérieure par rapport à ses exportations. Des remarques balayées à l’époque par Berlin qui les avaient jugées “incompréhensibles”.
Avec des excédents commerciaux colossaux et pas de déficit budgétaire, l’Allemagne figure forcément en première ligne à chaque fois que le FMI et d’autres institutions lancent un appel à des “efforts collectifs” pour remettre la croissance mondiale sur les rails.
Mais son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, fait la sourde oreille, même s’il prend pour “un compliment” le fait que Mme Lagarde ait cité son pays.
“L’Allemagne se porte bien économiquement parce que nous respectons les règles mises en place en Europe”, a-t-il rétorqué lors d’une table ronde avec la directrice générale du FMI, exigeant, comme d’habitude, de ses partenaires européens, comme la France, qu’ils respectent ces mêmes normes.
“Faire pression sur Wolfgang Schäuble?”, a ironisé le commissaire européen à l’Economie, Pierre Moscovici, pas vraiment convaincu que cette méthode porte ses fruits.
Il a toutefois rappelé que Bruxelles a exprimé par le passé le même message que le FMI. “Cela figure de manière explicite dans les recommandations qui sont adressées à l’Allemagne. C’est aussi ce que dit le G20″, a-t-il expliqué lors d’une rencontre avec la presse à Washington.
“L’Allemagne a fait des efforts pour relancer son investissement domestique”, a-t-il toutefois reconnu, rappelant notamment que Berlin avait mis sur la table 5 milliards d’euros pour accueillir les réfugiés. “Mais le bout du chemin n’est pas encore atteint”, a estimé le commissaire.

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