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L’ambitieux Vérone Mankou

L’ambitieux Vérone Mankou

On ne le présente plus. « Steve Jobs africain », « père du téléphone congolais », Vérone Mankou porte aujourd’hui, plusieurs sobriquets faisant, tout simplement, référence à la conception, il y a cinq ans, de la première tablette et du premier smartphone africains. Sa société, VMK est établie à Brazzaville où il a ouvert depuis l’année dernière une usine. Entretien avec un promoteur du « Made in Africa ».

Il n’a pas une minute à perdre. Vérone Mankou, PDG et fondateur de la startup congolaise VMK, respire pour voir son rêve se réaliser : changer le monde. « Cela peut paraître prétentieux pour certains … mais la majorité sait que c’est le rêve de tout entrepreneur…. Faire de VMK le leader sur le continent c’est changer le monde car pour la première fois de l’histoire, un africain sera leader du secteur en Afrique », argue-t-il dans un entretien avec La Tribune Afrique.

Le jeune entrepreneur se dit « sur la bonne voie » pour en faire de son rêve une réalité, « même si cela peut prendre du temps ». Celui qui s’est démarqué en créant, en 2011, la première tablette tactile africaine, « Way-C », n’est pas prêt de s’arrêter. En mai dernier, il a mis sur le marché « Elikia HD », une tablette qui se veut concurrente du moyen de gamme proposé par les grandes marques internationales. Parallèlement, sa société, VMK, a déjà lancé un smartphone « Elikia L », un téléphone « Elikia S », disposant des applications Facebook, WhatsApp et Twitter, ainsi qu’« Elikia XS » conçu pour émettre et recevoir les appels et sms.

Anticipation

Et dans son positionnement, VMK se veut accessible à toutes les bourses. Ainsi, tous ses produits sont proposés entre 11 900 F CFA et 99 900 F CFA (entre 18 euros et 152 euros environ), soit jusqu’à deux fois moins chers que la concurrence. « Notre vision des choses est simple. Il y a beaucoup plus de gens capable d’acquérir les terminaux à des prix plus accessibles que ceux proposés par des majors du secteur », estime l’entrepreneur de 30 ans, se réjouissant que sa politique reste porteuse de résultats positifs.

Fun, imprévisible, mais aussi exigeant, comme il se définit lui-même, Vérone Mankou travaille actuellement, avec ses équipes, pour « des prix encore plus agressifs, tout en relevant continuellement le niveau de la qualité ». Et sa philosophie aujourd’hui, promouvoir le « Made in Africa ».

Vérone Mankou

Après avoir pendant plusieurs années produit en Chine, l’entrepreneur congolais a ouvert en juin 2015 une usine de fabrication à Brazzaville. Un « déménagement » qui prend certes du temps, mais qui est « prometteur », d’après lui.

« Le transfert de compétences entre les équipes de la Chine et celles du Congo se poursuit. Cela prendra du temps, mais tous nos produits seront fabriqués et assemblés localement. Hier tout le monde partait en Chine parce que c’était moins cher qu’en occident, aujourd’hui la donne a changé et l’Afrique va être l’usine du monde, nous anticipons les choses. »

Le “Steve Jobs” africain

Toujours dans la mise en œuvre de sa vision, Mankou a étendu ses cordages en posant le pied en Côte d’Ivoire. « Les Ivoiriens nous ont bien accueillis et les perspectives sont bonnes », déclare l’entrepreneur, soulignant que le marché ivoirien représente 20% de des ventes de VMK. Prochain cap ? La RDC.

VMK ne communique pas sur son chiffre d’affaires. « Mais une chose est certaine, il a dépassé le premier million de dollar depuis des lustres », affirme le jeune patron qui vise une introduction en bourse dans les trois prochaines années.

Devenu un entrepreneur de premier plan sur le continent, Vérone Mankou cumule les distinctions. Classé dans le top 20 des jeunes leaders économiques africains de l’Institut Choiseul en 2015 et 2016, il est également apparu dans le top 20 ce l’Africa Builders of Tomorrow de Forbes en 2014, le top 30 de l’Africa’s Best Young (Under 30) Entrepreneurs de Forbes en 2013, après avoir reçu en 2011 le prix de la meilleure initiative privée de l’Africa Telecom People. Il a également créé en novembre 2013 la fondation Bantuhub, une organisation à but non lucratif œuvrant pour la promotion des TIC et de l’entrepreneuriat des jeunes dans son pays. Et quand on lui demande comment il arrive à tout cela avec seulement un BTS, Vérone Mankou répond :

« En faisant comme Steve jobs qui est rentré dans l’histoire avec un diplôme moins élevé que le mien… »

Ristel Tchounand
latribune afrique

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