Accueil / Développement / L’Angola déclare avoir emprunté 11,5 milliards $ entre novembre 2015 et juin 2016

L’Angola déclare avoir emprunté 11,5 milliards $ entre novembre 2015 et juin 2016

L’Angola déclare avoir emprunté 11,5 milliards $ entre novembre 2015 et juin 2016

Le ministre angolais des finances a dévoilé lundi que son pays avait emprunté jusqu’à 11,5 milliards $ à divers bailleurs de fonds, pour soutenir un déficit budgétaire. Parmi les financeurs de cette enveloppe globale, on peut noter 5 milliards $ octroyés par la Banque chinoise de développement et 2 milliards $ de prêts accordés par des entreprises soutenues par le gouvernement de Pekin.

La troisième économie d’Afrique en termes de Produit Intérieur Brut, doit faire face aux conséquences de la baisse persistante des prix du pétrole, sa principale source de revenus. Le pays a récemment suspendu des discussions en vue de l’obtention d’une aide financière du Fonds Monétaire International, et annonce une révision de ses perspectives de croissance économique. Ses dirigeants misent désormais sur une amélioration de l’économie de l’ordre de 1,3% en 2016, contre 3,3% précédemment.

Le gouvernement n’a aussi pas eu d’autres choix, que de réduire les dépenses publiques à 24 milliards $, contre 30 milliards $ initialement prévus. Un choix qui est en cohérence avec la baisse de ses prévisions sur les prix du pétrole (41 $ le baril actuellement contre 45 initialement). Et pourtant, le ratio déficit budgétaire/PIB s’est encore légèrement creusé, et culmine désormais à 6% contre 5,5% précédemment.

La dette globale du pays culmine désormais à 47,9 milliards $, donc 27 milliards de dette extérieure. En plus de ce déficit, le pays doit faire face à une réduction des investissements, tant privés que publics.

Aussi, certaines organisations critiquent déjà la négligence du gouvernement dans sa gestion de la santé publique, suite à l’aggravation d’une récente épidémie de fièvre jaune qui a touché les populations.

Les autorités angolaises n’ont pas complètement rejeté le FMI et restent ouvertes pour des discussions visant à améliorer le cadre économique. Mais il va falloir compter avec des exportations nettes de 17,9 milliards $ en 2015. Même si elles se sont affichées en repli de 50%, comparées à 2014, elles permettent, grâce à la réduction des dépenses publiques, de couvrir un an d’importations (au niveau de 2015, soit 18 milliards $).

Idriss Linge
agenceecofin.com

Aller en haut