jeudi 26 novembre 2020
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L’arrêté « anti-Huawei » pourrait évoluer selon le patron de l’ANSSI

L’arrêté « anti-Huawei » pourrait évoluer selon le patron de l’ANSSI

Technologie : Auditionné par le Sénat, Guillaume Poupard, le président du gendarme de la cybersécurité a indiqué que l’arrêté « anti-Huawei » pourrait voir son périmètre évoluer au cours des prochaines semaines.

Fin 2019, le gouvernement adoptait une batterie de mesures pour encadrer strictement l’activité des équipementiers avant le déploiement des premiers réseaux 5G sur le territoire. Ces mesures s’inscrivait dans le cadre d’une loi de sécurisation des réseaux mobiles plus connue sous le nom de loi « anti-Huawei ». Celle-ci a notamment eu pour conséquence de restreindre l’accès du marché français de la 5G au constructeur chinois, accusé par de nombreux pays occidentaux – au premier rang desquels les Etats-Unis – de collusions avec le régime de Pékin.

Parallèlement à l’adoption de cette proposition de loi, l’exécutif avait également publié un arrêté fixant la liste des appareils encadrés par cette loi. Cette liste comprend notamment les « appareils assurant l’authentification et l’autorisation d’accès au réseau des équipements terminaux », ceux « assurant la gestion des sessions et des connexions des équipements terminaux », « la mise en œuvre et le contrôle des politiques d’accès au réseau » ou encore ceux « assurant l’acheminement des communications des équipements terminaux vers des réseaux tiers ».

Cette liste n’a pourtant rien de définitif, comme l’a confirmé jeudi dernier Guillaume Poupard, le président de l’ANSSI, lors d’une audition tenue devant la Commission des Affaires Etrangères, de la Défense et des Forces Armées du Sénat. « Si c’est un arrêté, c’est justement qu’il est amené à évoluer et on va le faire évoluer. Parce que simplement la technologie évolue et que si on veut être capable de coller aux questions de sécurité il faudra faire évoluer cet arrêté », a expliqué le président de l’Autorité chargée de la cybersécurité.

Une modification à venir

S’adressant aux sénateurs, ce dernier leur a demandé de pas « être surpris s’il y a modification du texte ». « Ce n’est pas une remise en question de ce qui a été fait mais juste une évolution naturelle qui est très positive », a-t-il souligné, tout en précisant qu’il ne s’agit pas là d’une modification s’inscrivant dans une clause de revoyure mais bien d’une évolution des équipements pris en compte pour coller à l’évolution des technologies utilisées par les opérateurs dans le cadre de leurs réseaux mobiles.

Rappelons que la loi de sécurisation des réseaux mobiles prévoit un « régime d’autorisation préalable, fondé sur des motifs de défense et sécurité nationale, des équipements de réseaux » pour tous les appareils installés depuis le 1er février 2019 en France. Celle-ci soumet de fait la présence de tel ou tel équipement ou de tel ou tel logiciel sur les réseaux mobile de nouvelle génération à une autorisation préalable délivrée par Matignon dans un délai de deux mois sur la base d’une recommandation de l’ANSSI, sur laquelle repose donc le règlement de cet épineux « cas Huawei ».

Pour autant, le gendarme de la cybersécurité n’a pas formellement fermé la porte du marché français de la 5G au constructeur chinois, un partenaire de grande importance pour les opérateurs SFR et Bouygues Telecom. Dans les faits, l’activité de la firme de Shenzhen se voit toutefois frappée d’un régime d’exception par les autorités, qui ont appelé les opérateurs à se tourner vers Nokia et Ericsson, ses deux concurrents européens, afin de ne pas se trouver forcé à désinstaller leurs équipements siglés Huawei en cas de durcissement de la position française.

« Nous ne sommes pas dans du « Huawei bashing », ni dans du racisme anti-chinois », se défendait Guillaume Poupard à l’été dernier. « Nous disons juste que le risque n’est pas le même avec des équipementiers européens, qu’avec des non-européens. Il ne faut pas se mentir », avait-il indiqué.

zdnet

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