dimanche 05 juillet 2020
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Le 5G : un enjeu B2B en Afrique

Le 5G : un enjeu B2B en Afrique

2020 : une nouvelle décennie et le véritable début de l’ère de la 5G. Au début de l’année, 33 opérateurs télécoms, à travers 18 pays, ont lancé des services commerciaux 5G et 77 prévoyaient également de le faire en 2020. Alors qu’ils doublent désormais leurs investissements dans la 5G, les opérateurs télécoms doivent agir concrètement pour voir un retour sur investissement.

La 5G est différente. En ce qui concerne la monétisation, la GSMA prévoit que la 5G sera la première génération de technologies mobiles à avoir un impact plus important sur les entreprises que sur les consommateurs. Les observateurs du secteur sont d’accord. Plus important encore, de nombreux opérateurs télécoms le sont également. Mais si le B2B est l’« étoile polaire »1 des revenus de la 5G, personne ne semble avoir établi une feuille de route indiquant aux opérateurs comment l’atteindre. En effet, il y a plus de questions que de réponses concernant l’opportunité B2B de la 5G. Quels sont les cas d’utilisation gagnants ? Quel segment (PME ou grandes entreprises) représente la plus grande opportunité ? Quelle est l’importance des offres génériques horizontales par rapport aux services verticaux spécialisés ? Les entreprises achèteront-elles auprès des opérateurs télécoms ou feront-elle appel à d’autres fournisseurs ? Quel est le rôle des opérateurs télécoms dans la chaîne de valeur de la 5G ?


Source : BearingPoint, 2020

En Afrique, l’arrivée de la 5G sera plus tardive que dans d’autres régions, mais l’impact sur le B2B est bien perçu, notamment par certains acteurs pour qui le B to B est le nouvel « eldorado » des télécoms en Afrique. Il est vrai que le segment a été un peu négligé au profit des offres prépayées B2C. L’impact semble particulièrement capital pour les PME, avec la spécificité que cette gamme d’entreprises représente l’essentiel du tissu économique. Certains domaines, notamment autour de l’internet des objets (IoT) ou les innovations au croisement des sujets télécoms et utilities (électricité notamment), sont aussi des sujets d’intérêt.

En Afrique, plus que dans les autres régions du monde, bâtir un écosystème autour des services que pourraient apporter la 5G fait sens. Les opérateurs télécoms ont un vrai rôle à jouer dans ce domaine, car ils sont naturellement les orchestrateurs de ces écosystèmes. Dans les domaines économiques où la 5G peut apporter un vrai « saut quantique », la capacité des opérateurs à animer ces écosystèmes est fondamentale. Certains secteurs paraissent être au cœur de cette transformation : les transports (notamment les zones portuaires), le développement de zones urbaines connectées, les usages du digital dans l’agriculture, la connectivité pour changer la donne dans l’énergie, le domaine de la santé et enfin celui de l’éducation.

En s’inscrivant dans une logique d’écosystème, la dynamique est alors double. Bien sûr, les entreprises travaillant dans ces domaines – notamment les PME africaines – seront au cœur de cette transformation et seront donc des clients directs des opérateurs télécoms. Mais, et c’est le deuxième effet, ces PME et quelques grands groupes pourront aussi être des partenaires pour bâtir de nouveaux modèles économiques hybrides en visant d’autres clients entreprises ou clients grand public. Dans ce modèle, les liens avec les Etats et les financements des bailleurs de fonds sont aussi une dimension à intégrer.

Cette étude nous aide à comprendre ce que les opérateurs télécoms doivent devenir et comment ils doivent se positionner pour évoluer vers « l’étoile polaire » des revenus B2B de la 5G. Les grandes entreprises et les PME estiment que la 5G sera importante pour leurs activités. Elles pensent que les opérateurs télécoms ont beaucoup à leur offrir en termes de produits et services 5G – certainement plus que les simples offres de connectivité et d’infrastructure informatique de l’ère de la 4G – et elles envisageraient sans réserve d’acheter chez eux.

La destination étant claire et la voie tracée, la vraie question est la suivante : y a-t-il une réticence des dirigeants à s’éloigner de leur domaine traditionnel pour œuvrer dans les domaines adjacents de l’orchestration des cas d’usage ? Le changement de modèle économique est-il trop risqué pour les dirigeants qui ont construit leur carrière en améliorant leurs réseaux ? L’enjeu est-il de gérer les attentes des actionnaires institutionnels, lesquels souhaitent que les opérateurs télécoms maintiennent des dividendes élevés et n’augmentent pas les investissements dans de nouveaux domaines ? Ou s’agit-il d’une incapacité perçue à effectuer des changements – attirer de nouveaux talents, mettre en place de nouvelles méthodes de travail et aborder la gestion des produits et des écosystèmes de manière plus agile et expérimentale – dans de grandes organisations ?

Ce qui est clair, cependant, c’est que les opérateurs télécoms n’ont pas une minute à perdre. Les entreprises n’attendent pas la 5G et n’attendent certainement pas les opérateurs télécoms. Elles agissent maintenant, s’associent et collaborent avec des fournisseurs qui peuvent les aider à résoudre leurs problèmes. La 5G nécessite un modèle économique fondamentalement différent de celui de la 3G et de la 4G pour générer un retour sur investissement. Les opérateurs télécoms doivent élever leur réflexion sur leur propre position sur le marché. Ils doivent voir la situation dans son ensemble. Ils doivent choisir un marché vertical et s’y lancer. Ils doivent collaborer avec ces clients. Ils doivent co-innover et co-créer avec un large éventail de fournisseurs traditionnels, de cyber-entreprises, d’acteurs technologiques, de spécialistes de marchés verticaux et même de concurrents.

cio-mag

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