Accueil / Agro / Le bois indonésien concurrence à nouveau le bois africain en Europe

Le bois indonésien concurrence à nouveau le bois africain en Europe

Le bois indonésien concurrence à nouveau le bois africain en Europe

L’Europe rouvre ses portes au bois indonésien, qui a obtenu la licence FLEGT. Une concurrence redoutable pour le bois tropical africain cette année.

Le bois indonésien retrouve le chemin de l’Europe et le bois d’Afrique risque fort de pâtir de cette concurrence. Pourtant le commerce mondial du bois tropical s’est redressé depuis deux mois. Avec le dégonflement des stocks de sciages en Asie, la Chine, l’Inde et le Vietnam rachètent du bois. Le débouché européen s’est également agrandi depuis la fin de l’année dernière.

Le marché des grumes d’okoumé ne s’est jamais aussi bien porté, et c’est la Guinée équatoriale qui en est devenue le premier fournisseur, le Gabon n’en exportant plus sous cette forme brute. Mais cette embellie des prix du bois africain pourrait être vite contrariée par le retour en Europe du bois concurrent d’Indonésie.

À la fin de l’année dernière, l’Union européenne a accordé à l’Indonésie l’autorisation FLEGT parce qu’elle a mis en place son propre système de contrôle de la légalité du bois exporté par l’archipel, ce qui dispense désormais les importateurs européens de cette responsabilité.

Les pays africains ne parvenant pas à mettre en place ce contrôle de la légalité du bois, observe Alain Karsenty, économiste au CIRAD, les importateurs européens vont fatalement se tourner davantage vers le bois indonésien. Et tampis si l’on n’est pas à l’abri de surprises futures du côté de l’origine indonésienne, le bois destiné au marché intérieur indonésien n’étant, lui, pas couvert par cette réglementation.

Autre menace pour le commerce du bois tropical africain : le durcissement de la certification FSC, déjà la plus exigeante, et garantie demandée par les importateurs européens de bois d’Afrique. La certification FSC pourrait décider en octobre prochain de proscrire le bois qui provient de concessions industrielles dont les pistes empiètent sur des territoires forestiers dits intacts, de plus 500 km2, ce qui est le cas des grandes compagnies forestières au Congo ou au Gabon.

Les firmes Danzer, CEB ou CIB pourraient abandonner peu à peu la certification FSC pour le PEFC moins exigeant, mais alors, ils perdraient leurs débouchés les plus rémunérateurs, aux Pays-Bas et en Europe du Nord.

Claire Fages
rfi

Aller en haut