Accueil / International / Le bon coup de com’ du PDG d’Orange avec Barack Obama

Le bon coup de com’ du PDG d’Orange avec Barack Obama

Le bon coup de com’ du PDG d’Orange avec Barack Obama

Stéphane Richard a interrogé l’ex-président des Etats-Unis samedi soir, au cours d’une rencontre organisé par le très sélect club Les Napoléons. Un réseau d’influence qui fait de plus en plus parler de lui.

« Cet homme-là, pour moi, c’est la classe absolue ». La petite phrase est de Stéphane Richard aux « Echos », cinq minutes après la fin de sa discussion avec Barack Obama, samedi soir. Pendant une bonne demi-heure, le PDG d’Orange, pas peu fier, s’est entretenu avec l’ex chef d’Etat américain, au cours d’une rencontre organisée au siège de Radio France à Paris, par Les Napoleons , devant le Tout-Paris des médias et des politiques.

Un joli « coup de com’» pour ce très sélect club d’influence, mais aussi pour Stéphane Richard qui, hasard fort heureux, est depuis plusieurs mois « en campagne » pour un troisième mandat à la tête d’Orange. Présence de Barack Obama oblige : la rencontre a fait l’objet d’un traitement médiatique intense.

Réserves sur Facebook

Au coeur de l’Auditorium de la Maison de la Radio, les deux hommes se sont exprimés devant un parterre de personnalités du monde des médias, de la communication et des politiques parmi lesquels Yannick Bolloré, patron d’Havas, Christopher Baldelli, vice-président de M6, patron de RTL, la maire de Paris Anne Hidalgo, Ségolène Royal, Jack Lang ou encore Najat Vallaud-Belkacem, l’ex-ministre de l’éducation nationale.

Thèmes de la discussion : l’innovation, l’internet dans le monde, le poids des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) en Europe, les leaders de demain… L’ex-président américain a notamment exprimé ses réserves sur le leadership des géants américains, pointant tout particulièrement Facebook « qui est en train de devenir la principale plateforme par laquelle l’information transite. »

« L’équipe d’Obama voulait éviter les questions qui pouvaient le mettre en situation difficile sur la politique étrangère des Etats-Unis et sur son successeur, avoue Stéphane Richard. J’ai respecté cela, et c’est finalement lui qui a abordé ces questions avec humour. »

« I am an easy guy »

Les deux hommes se sont vus trois minutes juste avant d’entrer en scène. « Il m’a dit ‘I am an easy guy’», sourit le PDG d’Orange, qui le dépeint comme un « leader charismatique, à la fois simple et chaleureux. »

Pour Stéphane Richard, c’est une aubaine de pouvoir se montrer aux côtés de l’ex président des Etats-Unis, alors qu’en février prochain, il saura si ses actionnaires, parmi lesquels l’Etat (premier d’entre eux avec 23 % du capital), le reconduisent ou pas, dans ses fonctions.

« Ce n’est pas moi qui ai organisé cette rencontre, explique-t-il, ce sont les Napoleons. Ensuite, ils ont cherché quelqu’un pour animer une discussion et ils ont pensé à moi, car l’an dernier, j’ai animé une session des Napoleons, lors d’un sommet organisé à Val d’Isère. »
Polémique

Le PDG d’Orange n’a cependant pas été choisi au hasard. L’opérateur télécoms parraine Les Napoleons, au même titre que d’autres entreprises comme la SNCF, EDF, La Poste ou encore Richard Mille. « Le Canard Enchaîné » a créé la polémique la semaine dernière indiquant qu’Orange aurait déboursé 400.000 euros pour faire venir Barack Obama. Ce qu’Orange dément.

« On paye un ticket annuel, comme dans n’importe quel type de partenariat, explique Béatrice Mandine, la directrice de la communication d’Orange, refusant de donner le montant versé aux Napoleons. Et on apporte aussi nos technologies : par exemple Orange fournit le wifi lors des événements des Napoléons à Val d’Isère et à Arles. »

Selon nos informations, les sommes versées par l’opérateur télécoms pour ses divers partenariats oscillent généralement de 50.000 à 300.000 euros. En tout cas, samedi, Barack Obama n’était pas le seul gagnant. De l’avis de la majorité, Stéphane Richard a réalisé un beau « coup médiatique » qui ne peut que porter favorablement sa candidature à sa réélection. Même si elle ne se jouera évidemment pas là-dessus.

Fabienne Schmitt
lesechos

Aller en haut