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Le boom du marché des smartphones en Côte d’Ivoire

Le boom du marché des smartphones en Côte d’Ivoire

Après la récession sévère de l’année 2011 due à la crise post-électorale, la croissance ivoirienne, qui tourne autour de 9% depuis 2012, favorise la consommation. C’est le cas pour la téléphonie mobile, et en particulier pour le marché des smartphones qui conquiert régulièrement de nouveaux adeptes, d’autant que l’accès à internet a été facilité.

Sur une population de 22,6 millions d’habitants (selon le RGPH de 2013), le marché de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire est passé de 18,1 millions à 19,3 millions de cartes SIM entre 2012 et 2013, et à 22,2 millions en 2014, soit une croissance de 6,8 %, tandis que le taux de pénétration des mobiles a atteint les 97,5% de la population (source Artci)*. Cette progression est portée par le développement du multi-SIM, les offres d’abondance, la baisse des tarifs de communication et du coût des terminaux. Le marché est aussi caractérisé par un haut niveau de concurrence lié à la présence de six opérateurs, dont trois (Moov, Koz et GreenN) ont résolument adopté une stratégie de prix bas à travers une politique de bonus agressive.

Une évolution notable dans l’accès à internet

L’accès à internet est dominé par le mode mobile qui connait une forte augmentation depuis l’introduction de la 3G, pour afficher en fin 2014 un taux de pénétration de plus 20% de la population. Toutefois, l’internet en général et la bande passante en particulier ont longtemps été sous-développés. Cela était en partie le résultat des coûts élevés de la bande passante internationale, causés par la situation de monopole de l’opérateur historique pour le seul câble international à fibre optique sous-marin au service du pays. Heureusement, cette situation a été redressée au cours des dernières années. L’atterrissage d’un second câble en novembre 2011 a permis d’observer des réductions significatives des prix de détail pour l’ADSL et les services de haut débit sans fil Wimax et EV-DO.

Trois autres câbles sont prévus pour entrer en service très prochainement. Sans aucun doute, le plus grand changement a été l’introduction des services mobiles 3G. Après des années de retard, la première licence 3G a été finalement attribuée en mars 2012 et le premier service 3,5G à large bande mobile a été lancé. Ce service offre, à l’aide de la technologie HSPA+, un débit pouvant atteindre jusqu’à 42 Mbit par seconde. En outre, la couverture géographique étendue des réseaux mobiles a rendu l’internet accessible à une partie beaucoup plus large de la population. Avec un réseau dorsal national long de plus 20.000 km de câbles à fibre optique, la Côte d’Ivoire est dans une excellente position pour traduire ces améliorations concurrentielles et infrastructurelles en un marché florissant pour le haut débit et l’économie numérique.

L’essor du mobile money en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire, membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), est l’un des exemples croissants de l’effet de l’argent mobile sur l’inclusion financière. Cette hausse est en grande partie due à un environnement politique et réglementaire favorable, un taux de pénétration de la téléphonie mobile qui a augmenté de 50% en 2008 pour presque atteindre 100% en 2014, mais également grâce à une forte activité dans le secteur du mobile money, avec l’entrée de nouveaux acteurs non bancaires. Comme dans de nombreux autres pays d’Afrique, l’accès limité aux services financiers, qui avaient été précédemment réservés aux banques et aux acteurs de la microfinance, est maintenant surmonté par de nouveaux acteurs du «e-money». Alors que l’accès aux services bancaires et de la microfinance était de seulement 21,8% à fin 2013, les nouveaux acteurs de monnaie électronique ont permis de porter ce taux à environ 66,3% de la population. A la fin de 2014, il y avait plus de 4,6 millions de clients actifs de monnaie électronique (jusqu’à plus de 240% qu’en 2013), qui ont transféré plus de 2.233 milliards FCFA (4,6 milliards de dollars) dans les transactions (186% de plus qu’en 2013).

Un avantage économique

En définitive, l’environnement macroéconomique de la Côte d’Ivoire et sa stabilité retrouvée prédisent un développement positif pour le pays dans les années à venir. Les politiques gouvernementales et les investissements des opérateurs locaux joueront un rôle clé dans la propagation de l’internet dans tout le pays. Le phare de l’Afrique de l’Ouest a déjà entamé un virage vers les smartphones, comme c’est le cas dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est. Ce changement est le résultat de la baisse des prix de l’appareil, favorisée par l’entrée de nouveaux concurrents proposant des fonctionnalités haut de gamme à des tarifs plus avantageux. Il est également le résultat de l’installation d’acteurs comme les sociétés de e-commerce tels que Jumia et Kaymu, qui cherchent à renforcer le pouvoir d’achat des consommateurs tout en offrant les (meilleurs) produits.

En outre, le smartphone est devenu une option moins chère pour l’acquisition d’une connexion Internet. Aujourd’hui, le gouvernement ivoirien le perçoit comme une opportunité majeure pour combler le fossé numérique et son adoption contribue déjà à le réduire. En 2012, le taux de pénétration de l’Internet dans le pays était inférieur à 1%. À la fin de 2014, ce taux a atteint 20% avec 97,63% des abonnés à internet utilisant la technologie mobile, principalement des smartphones. Par ailleurs, les données préliminaires pour l’année en cours indiquent que le nombre d’abonnés à un accès Internet mobile 3G a de nouveau bondi pour atteindre 7 millions donc, près de 32% de la population. Une excellente tendance qui crée un cadre idéal pour la démocratisation de l’internet et l’éclosion d’un écosystème avec de nouvelles possibilités pour les entrepreneurs et les entreprises. De surcroît, comme le révèle une étude de McKinsey, 10% de taux de pénétration du haut débit entraîne 1,1 à 1,4 point de taux de croissance du PIB de façon durable.

* Autorité de régulation des télécommunications en Côte d’Ivoire.

Les chiffres clés des services de la téléphonie et de l’Internet

• Nombre d’opérateurs du secteur : 6 (5 actifs)

• Croissance du marché en nombre d’abonnements : +4,5% (2013-2014)

• Nombre d’abonnés : 22,271 millions

• Nombre de comptes mobile money : 6,2 millions

• Chiffre d’affaires du secteur de la téléphonie : 993 Mds XOF en 2014

• Emplois directs : plus de 3 300

• Investissements : 119,45 Mds XOF à fin 2014

• Part du secteur dans le PIB : plus de 7%

L’avenir du secteur des télécommunications

Le secteur des télécommunications/TIC est l’un des plus importants domaines de création de valeur pour l’économie ivoirienne. Son poids direct dans l’économie est à ce jour évalué à 6% du PIB pour la seule sous-branche télécommunications/internet, et son poids d’ensemble direct est de l’ordre de 8%. Aussi, on note une forte réduction des coûts de téléphonie, alors que pour l’internet, à coût égal, le débit a été multiplié plusieurs fois. Ces réductions sont accompagnées par une efficacité technologique accrue et l’introduction de nouveaux produits sur le marché : internet 3G, mobile money, SMS personnalisés, SMS vocaux, etc. sans compter la quatrième génération de services qui ne saurait tarder. Il est important de noter que le potentiel de croissance du secteur demeure important en Côte d’Ivoire et qu’il en est de même pour le taux de pénétration de l’internet. En termes d’emplois, ce secteur génère déjà de façon directe et indirecte (circuit de distribution et autres emplois connexes) environ 150.000 emplois du secteur formel de l’économie nationale.

cotedivoire-economie.com

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