mercredi 20 novembre 2019
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Le Brésil lance les plus grandes enchères pétrolières de l’histoire

Le Brésil lance les plus grandes enchères pétrolières de l’histoire

Le Brésil met aux enchères de nouveaux blocs de pétrole dans ses champs pré-salifères en eau très profonde, ce mercredi. Des gisements dont on sait déjà qu’ils sont prolifiques. Ce qui encourage le gouvernement brésilien à demander des bonus record aux compagnies étrangères.

106 milliards de reals, l’équivalent de 24 milliards d’euros, c’est la somme qu’espère récolter l’État brésilien avec ces nouvelles enchères pétrolières. Elles seraient alors les plus coûteuses de l’histoire de l’industrie. Les plus volumineuses aussi, avec un potentiel de 15 milliards de barils, deux fois les réserves actuelles de la Norvège.
L’extraordinaire qualité des gisements n’est pas en doute. Ce sont les blocs autour de la zone de Yara, l’une des parties les plus juteuses en pétrole des réservoirs pré-salifères – des gisements enfouis sous une épaisse couche de sel à plus de 5 km sous le niveau de la mer.

Petrobras opérateur

Les conditions exigées par l’État brésilien pourraient en revanche doucher l’enthousiasme des compagnies étrangères. Elles devront accepter que la compagnie nationale brésilienne Petrobras récupère 30 % de la production et qu’elle soit l’opérateur sur tous les blocs. « Quand vous êtes opérateur, vous décidez de tout, du rythme de l’exploration-production, des investissements et des coûts, souligne Philippe Sébille-Lopez, du cabinet Géopolia. Or Petrobras n’est pas un modèle de gestion et les unités flottantes de production de stockage et de déchargement (FPSO) nécessaires dans l’exploitation maritime sont très onéreuses ».

« Majors » méfiantes

Cela risque de faire tiquer les majors, qui ont des comptes à rendre à leurs actionnaires. L’Espagnol Repsol a déjà décliné. Le Français Total ne participera pas non plus à ces enchères, la compagnie est déjà bien pourvue dans les champs pré-salifères au Brésil, de même que l’Américain Exxon. Peut-être son concurrent Chevron sera-t-il intéressé. Les compagnies publiques nationales de Chine, du Qatar, d’Arabie saoudite ou de Malaisie, moins sous la surveillance des marchés financiers, sont très susceptibles d’être sur les rangs.

Courtisé par l’OPEP au mauvais moment

Le Brésil est en train de devenir un nouveau champion du pétrole. Il devrait produire plus de 3 millions de barils par jour l’an prochain, 4 millions dans cinq ans. Pas étonnant que le géant sud-américain soit courtisé par l’OPEP, il en deviendrait le numéro 3, derrière l’Arabie saoudite et l’Irak, une belle recrue !
Ce qui est étonnant, en revanche, c’est que le président Jair Bolsonaro ait répondu favorablement à cette invitation le mois dernier, à la veille d’enchères historiques. Intégrer l’OPEP, c’est se soumettre à des quotas de production, un épouvantail pour les investisseurs potentiels !

rfi

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