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Le Brésil pèse doublement sur les cours mondiaux du café

Le Brésil pèse doublement sur les cours mondiaux du café

Les producteurs de café se désespèrent. Les prix mondiaux sont au plus bas depuis 12 ans. L’origine du mal vient du Brésil, où la production est surabondante, et où l’incertitude politique accentue la chute des cours à la bourse de New York.

Le Brésil pèse doublement sur les cours mondiaux du café. La production 2018/2019 du géant sud-américain ne cesse d’être réévaluée à la hausse, alors que le tonnage est déjà au plus haut de l’histoire. On frôle les 60 millions de sacs de 60 kilos désormais, un tiers de plus que l’année précédente… Bien sûr cela contribue à la chute des cours, de l’arabica surtout, la variété qui est la plus cultivée au Brésil. Mais une autre variable accentue le déclin des prix du café : la dégringolade de la monnaie brésilienne, le real.

Risque politique au Brésil

Lorsqu’on regarde la courbe des cours de l’arabica à la bourse de New York, elle épouse presque celle de la devise brésilienne, qui est en chute libre depuis le printemps. La situation politique est très délicate au Brésil, elle va le demeurer jusqu’aux élections générales du 7 octobre et sans doute au-delà, avec un favori d’extrême droite à la présidentielle. Les investisseurs ne sont pas très enclins à financer le Brésil, qui peine de plus en plus à se procurer des dollars.

Plongeon du real… et des cours de l’arabica

D’où le plongeon du real qui entraîne celui des cours du café. Plus le real est faible par rapport au dollar, plus les producteurs brésiliens sont incités à vendre rapidement leur récolte : elle est payée en billet vert à l’international, ils en tirent beaucoup plus de revenus en monnaie brésilienne. Bien entendu cela contribue à engorger davantage le marché mondial du café et à faire chuter les prix. Les investisseurs le savent, ils parient massivement sur le plongeon des prix de l’arabica, à la bourse de New York. Une spéculation à la baisse qui a doublé depuis le printemps. Et qui empêche pour l’instant toute véritable remontée des cours du café.

La culture du pauvre

La semaine dernière on est passé en dessous du dollar la livre d’arabica. Si les producteurs brésiliens de café parviennent à s’en sortir à ce prix-là, ce n’est pas le cas des autres producteurs de la planète. Le café est devenu la culture du pauvre. Les Guatémaltèques émigrent à nouveau. Les Colombiens se remettent à cultiver la coca.

Claire Fages
rfi
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