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Le Brésil révise encore à la baisse ses objectifs budgétaires

Le Brésil révise encore à la baisse ses objectifs budgétaires

Le ministre des Finances estime qu’il reste peu de temps pour restructurer l’économie.

Aveu d’échec. Le gouvernement ne parviendra pas à atteindre ses objectifs budgétaires pour 2015. Joaquim Levy prévoit désormais un déficit primaire (avant paiement des intérêts de la dette) de 52 milliards de reals (environ 12 milliards d’euros, soit près de 1 % du PIB).

Lors de sa prise de fonction en début d’année, le ministre des Finances tablait sur un excédent de 1,2 % du PIB, avant de réviser une première fois à la baisse ses objectifs à 0,15 % du PIB en juillet. Une véritable descente aux enfers qui « égratigne la déjà faible crédibilité du gouvernement en matière budgétaire et qui risque de renforcer la déprime ambiante », souligne l’agence de notation Moody’s.

Récession et blocage politique

Joaquim Levy paie ainsi le prix de la récession et du blocage politique qui entrave les réformes . Et s’il a longtemps fait preuve de pédagogie envers les parlementaires, il n’hésite plus à adopter un ton volontiers dramatique : « On n’a plus beaucoup de temps » pour redresser la barre, assure-t-il. « Le tissu économique n’est pas encore désorganisé. Mais il y a des limites… Il faut avoir le courage pour secouer [les structures] de l’économie », ajoute-t-il. Mais le message a du mal à passer à Brasilia, la capitale politique étant toujours sous le coup de l’impact de la crise de corruption à Petrobras, la société nationale pétrolière, et d’une éventuelle procédure de destitution à l’encontre de la présidente Dilma Rousseff. Paradoxe : le feu vert pour une telle procédure doit être donné par Eduardo Cunha, le président de la Chambre des députés… lui même accusé d’avoir reçu de l’argent sale en Suisse !

Le scandale Petrobras a coûté plus de 2 points de croissance au Brésil cette année, selon les estimations du ministère des Finances (alors que la chute du PIB devrait atteindre 2,8 %) et a totalement désorganisé la filière pétrolière. Le BTP a aussi été durement frappé. « L’économie brésilienne peut repartir, mais il y a une forte pente à remonter », résume Roland de Bonadona, président de la Chambre de commerce France-Brésil et ancien directeur Amérique latine d’Accor.

Thierry Ogier / Correspondant à Sao Paulo
lesechos.fr

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