lundi 22 avril 2019

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Le Brexit pourrait coûter 30.000 emplois à la City

Le Brexit pourrait coûter 30.000 emplois à la City

1.800 milliards d’euros d’actifs pourraient également être rapatriés en Europe, selon un rapport de l’institut pro-européen Bruegel.

Quels seront les effets du « Brexit » sur l’emploi dans la City ? La question hante les esprits outre-Manche depuis la victoire du camp du « leave » lors du référendum du 23 juin . Car si, pour l’heure, l’économie britannique fait preuve d’une étonnante résistance , le plus dur reste à venir, insistent les économistes.

Alors que les députés britanniques ont adopté mercredi en première lecture le projet de loi du gouvernement conservateur donnant à la Première ministre Theresa May le pouvoir de déclencher le processus du Brexit , le think tank Bruegel publie un rapport intitulé : « Comment les 27 pays européens peuvent tirer le meilleur parti du Brexit dans le secteur de la finance ».

Perte probable du passeport financier

Ses auteurs voient dans le Brexit « une opportunité » pour les 27. Car Londres, plaque tournante de la finance sur le Vieux-Continent, risque de voir son pouvoir d’attraction entamé. En cause notamment : la perte probable du passeport financier , qui permet aux entreprises de l’espace économique européen (EEE) de vendre des produits et des services à l’intérieur de ce bloc de 31 pays membres. Si les institutions financières ayant siège dans la capitale britannique devaient perdre ce précieux sésame , elles seraient contraintes de délocaliser une partie de leurs activités de l’autre côté de la Manche.

Ainsi, l’institut Bruegel estime que le Brexit pourrait coûter 10.000 postes au Royaume-Uni dans le secteur de la finance. Cet exode entraînerait mécaniquement celui de 18.000 à 20.000 salariés travaillant dans des entreprises dont les activités sont intrinsèquement liées à la finance (comptabilité, consulting, etc.). Les départs de la capitale anglaise ont déjà commencé ou sont à l’étude : HSBC va déplacer 1.000 emplois à Paris . Goldman Sachs envisage de déplacer une partie de ses salariés à Francfort .

Fuite des actifs

Aussi les grandes villes européennes rivalisent-elles pour attirer ces salariés. La question du droit et du coût du travail sera déterminante dans le choix d’installation des grandes institutions financières. A ce jeu, la France souffre d’un handicap par rapport à ses concurrents. « On a coutume de dire qu’il faut trois jours pour licencier quelqu’un à Londres, trois mois en Suisse et trois ans à Paris », résumait mercredi Jean-Frédéric De Leusse , président du directoire de la banque suisse UBS en France, lors d’une audition au Sénat sur le transfert des activités de la City à Paris à laquelle participaient des banquiers étrangers.

Par ailleurs, l’institut Bruegel estime que la part de Londres dans la finance européenne pourrait passer à terme de 90% à 60%. Selon ce scénario, l’Allemagne capterait 14% des actifs et la France 8%, contre 2% et 1% à ce jour. Au total, 1.800 milliards d’euros d’actifs pourraient être rapatriés en Union européenne, soit 17% des actifs des banques britanniques.

Adrien Lelievre
lesechos

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