Accueil / Finances / Le Brexit pourrait coûter 30.000 emplois à la City

Le Brexit pourrait coûter 30.000 emplois à la City

Le Brexit pourrait coûter 30.000 emplois à la City

1.800 milliards d’euros d’actifs pourraient également être rapatriés en Europe, selon un rapport de l’institut pro-européen Bruegel.

Quels seront les effets du « Brexit » sur l’emploi dans la City ? La question hante les esprits outre-Manche depuis la victoire du camp du « leave » lors du référendum du 23 juin . Car si, pour l’heure, l’économie britannique fait preuve d’une étonnante résistance , le plus dur reste à venir, insistent les économistes.

Alors que les députés britanniques ont adopté mercredi en première lecture le projet de loi du gouvernement conservateur donnant à la Première ministre Theresa May le pouvoir de déclencher le processus du Brexit , le think tank Bruegel publie un rapport intitulé : « Comment les 27 pays européens peuvent tirer le meilleur parti du Brexit dans le secteur de la finance ».

Perte probable du passeport financier

Ses auteurs voient dans le Brexit “une opportunité” pour les 27. Car Londres, plaque tournante de la finance sur le Vieux-Continent, risque de voir son pouvoir d’attraction entamé. En cause notamment : la perte probable du passeport financier , qui permet aux entreprises de l’espace économique européen (EEE) de vendre des produits et des services à l’intérieur de ce bloc de 31 pays membres. Si les institutions financières ayant siège dans la capitale britannique devaient perdre ce précieux sésame , elles seraient contraintes de délocaliser une partie de leurs activités de l’autre côté de la Manche.

Ainsi, l’institut Bruegel estime que le Brexit pourrait coûter 10.000 postes au Royaume-Uni dans le secteur de la finance. Cet exode entraînerait mécaniquement celui de 18.000 à 20.000 salariés travaillant dans des entreprises dont les activités sont intrinsèquement liées à la finance (comptabilité, consulting, etc.). Les départs de la capitale anglaise ont déjà commencé ou sont à l’étude : HSBC va déplacer 1.000 emplois à Paris . Goldman Sachs envisage de déplacer une partie de ses salariés à Francfort .

Fuite des actifs

Aussi les grandes villes européennes rivalisent-elles pour attirer ces salariés. La question du droit et du coût du travail sera déterminante dans le choix d’installation des grandes institutions financières. A ce jeu, la France souffre d’un handicap par rapport à ses concurrents. « On a coutume de dire qu’il faut trois jours pour licencier quelqu’un à Londres, trois mois en Suisse et trois ans à Paris », résumait mercredi Jean-Frédéric De Leusse , président du directoire de la banque suisse UBS en France, lors d’une audition au Sénat sur le transfert des activités de la City à Paris à laquelle participaient des banquiers étrangers.

Par ailleurs, l’institut Bruegel estime que la part de Londres dans la finance européenne pourrait passer à terme de 90% à 60%. Selon ce scénario, l’Allemagne capterait 14% des actifs et la France 8%, contre 2% et 1% à ce jour. Au total, 1.800 milliards d’euros d’actifs pourraient être rapatriés en Union européenne, soit 17% des actifs des banques britanniques.

Adrien Lelievre
lesechos

Aller en haut