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Le Cac 40 s’adjuge 1,49 % à l’issue d’une séance décoiffante marquée par la victoire de Trump

Le Cac 40 s’adjuge 1,49 % à l’issue d’une séance décoiffante marquée par la victoire de Trump

Volatilité, quand tu nous tiens ! Surpris par la victoire du républicain Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche, les marchés d’actions européens ont cédé du terrain en début de séance, avant de réduire progressivement leurs pertes et même de les annuler totalement après l’ouverture de Wall Street. A la clôture, le Cac 40 gagne 1,49 %, à 4.543,48 points. Les banques sont bien orientées.

« Sivous lisez ceci, c’est que la fin du monde n’a pas sonné la nuit dernière avec l’élection américaine », ironise David Lafferty, chef de stratégie de marchés chez Natixis Global Asset Management. Avant d’enchaîner, plus sérieux : « Evocateur du vote du Brexit, mais à une échelle beaucoup plus grande, un soulèvement populiste a battu le statu quo. » Déjouant en effet les sondages, le magnat de l’immobilier Donald Trump a remporté la présidentielle, battant, sans appel possible, sa rivale démocrate Hillary Clinton qui jusqu’à la dernière minute, pourtant, était donnée gagnante, certes à une très faible majorité, par les instituts de sondage.

En Bourse, l’annonce a provoqué une véritable onde de choc en Asie – premier continent à réagir – où le Nikkei 225 de la Bourse de Tokyo a chuté de 5,36 %. L’onde s’est ensuite propagée en Europe. A Paris, le Cac 40 a ouvert sous le seuil des 4.400 points, en baisse de 2,83 %. Puis l’indice a progressivement réduit ses pertes. « Rappelons que la réaction émotionnelle des premières heures est généralement suivie d’autres mouvements en sens inverse, avant que le marché ne se stabilise », note Nuno Teixeira, directeur des gestions institutionnelles et réseau chez Natixis AM. Ce fut le cas mercredi. Le Cac 40 a limité la casse à la mi-journée et même rebondi dans l’après-midi après l’ouverture de Wall Street. Il clôture finalement en hausse de 1,49 %, à 4.543,48 points. Le volume d’affaires, particulièrement étoffé, a atteint 5,7 milliards d’euros. A Londres, le Footsie prend 1 %, le Dax de la Bourse de Francfort 1,56 % et l’Euro Stoxx 50 des principales valeurs de la zone euro 0,98 %. Outre-Atlantique, le Dow Jones avance de 0,82 %, le S&P 500 de 1,01 % et le Nasdaq Composite de 0,71 %. Ce matin, les futures indiquaient une chute de 841 points du DJ. « La réaction modérée des marchés d’actions européens semble tenir compte du discours relativement consensuel de Donald Trump après l’annonce de son élection », poursuit Nuno Teixeira.

Comme le notait, tôt dans la matinée, Alexandre Baradez, stratégiste marchés chez IG, la baisse du marché « reste relativement contenue par rapport à celle post-Brexit, on ne peut pas parler de krach mais plutôt d’une purge. » En effet, le 24 juin, lendemain du vote sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, le Cac 40, pour ne prendre que l’exemple de Paris, avait chuté de 8,04 %, et de 2,97 % encore le jour d’après.

Il n’y a donc pas eu de mouvement massif de vente sur les marchés d’actions, ni de fuite vers les actifs dits refuge, comme l’or. En revanche, sur le marché des changes, le peso mexicain est en bien mauvaise posture : la devise a touché ce matin un plus bas historique face au dollar

Les marchés obligataires ont également réagi négativement. « L’élection de Trump ne semble pas, à horizon de quelques mois, une bonne nouvelle pour les marchés obligataires, confirme Nuno Teixeira. Les initiatives budgétaires de Trump susceptibles d’être avalisées par le Congrès devraient mener à une très forte hausse du déficit public via une baisse des revenus fiscaux et la hausse des dépenses d’infrastructures.
En outre, la Maison-Blanche a la main sur la politique commerciale et Donald Trump a annoncé l’imposition de tarifs douaniers prohibitifs pour les importations chinoises et mexicaines. La hausse des prix qui risque d’intervenir sur des produits importés non-substituables localement mènera à une poussée d’inflation par les coûts. »
. Le taux à 10 ans américain est remonté à 1,964 %, au plus haut depuis le début du mois de mars.

Avec la victoire de Donald Trump, les regards se tournent vers la Réserve fédérale américaine (Fed). Cette dernière clame haut et fort qu’elle est apolitique. Si la probabilité d’un resserrement monétaire en décembre a chuté à 47 % dans la matinée, elle est rapidement remontée à 76% selon les swaps de taux cotés en continu, soit un niveau proche de celui de mardi (84 %).

Les financières en nette hausse

A mesure que la possibilité d’une hausse des taux s’est renforcée, les valeurs financières, qui souffrent de l’environnement actuel de taux bas, ont redressé la tête. Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale finissent en forte hausse.

Sanofi est dopé par la défaite d’Hillary Clinton, qui menaçait d’encadrer les prix des médicaments. Technip est pour sa part soutenu par la hausse des cours du pétrole et ArcelorMittal par celle des cours des métaux. Vallourec s’installe en tête du SRD.

Valeur de défense, Thales avance également après avoir inscrit un record à 89,83 euros. Donald Trump proposait dans son programme de doubler les dépenses militaires.

Alstom monte de 9 % après avoir fait état de résultats semestriels supérieurs aux attentes grâce à une croissance organique de 66 % des prises de commandes.

A l’inverse, les valeurs automobiles sont affectées par la perspective d’un affaiblissement du dollar et d’une éventuelle mise en place de droits de douane sur les véhicules importés.

 

C.P.

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