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Le Cac 40 s’enfonce avec les financières, les statistiques américaines d’aucun secours

Le Cac 40 s’enfonce avec les financières, les statistiques américaines d’aucun secours

La Bourse de Paris reste fragilisée par les valeurs financières et celles liées aux matières premières, les statistiques américaines du jour ne suffisant pas à occulter la perspective d’une hausse des taux de la Fed et la dégradation du commerce extérieur chinois.

La séance de Bourse du jeudi 13 octobre |

Après avoir flirté avec les 4.500 points en clôture lundi, l’indice phare de la Bourse de Paris évolue désormais sous le seuil des 4.400. L’indice pan-européen Stoxx 600 est quant à lui au plus bas depuis la mi-juillet. La stabilisation des inscriptions hebdomadaires au chômage (à 246.000) et la hausse de 0,1% des prix à l’importation aux Etats-Unis le mois dernier ne sont en effet pas de nature à changer la donne en ce qui concerne une hausse des taux de la Fed en décembre. Le marché s’inquiète par ailleurs de la dégradation du commerce extérieur de la Chine, deuxième économie mondiale.

« La Chine représentait un gros problème en début d’année, et continue d’effrayer les investisseurs alors que d’autres sujets refont surfaces », résume Philippe Gijsels, chef stratégiste chez BNP Paribas Fortis à Bruxelles, cité par Bloomberg. « Ces problèmes ne font que s’ajouter aux incertitudes sur l’économie mondiale, à une hausse des taux de la Fed, à l’arrivée de la saison des résultats, aux élections et aux référendum qui se profilent. Le Brexit commence également à peser sur les marchés avec de rudes discussions à venir. Tout cela s’accumule en cette période de l’année typiquement plus volatile », énumère-t-il.

L’indice Stoxx Europe 600 de l’assurance accuse la deuxième plus forte baisse, derrière les ressources de base, tandis que celui de l’immobilier signe la seule hausse sectorielle à la suite des rumeurs selon lesquelles la BCE pourrait prolonger son programme d’achat d’actifs.

A 14h45, le Cac 40 recule de 1,76% à 4.373,73 points dans un volume d’affaires de 1,6 milliard d’euros. Ailleurs en Europe, le Footsie londonien perd 1,06%, le Dax de la Bourse de Francfort 1,37% et l’Euro Stoxx 50 des principales valeurs de la zone euro 1,49%. Le contrat future décembre sur indice Dow Jones baisse de 0,68%
L’idée d’une hausse des taux de la Fed confortée

Le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed révèle que l’idée d’une hausse des taux faisait déjà son chemin en septembre. Les minutes indiquent en effet que la décision de garder les taux inchangés a été votée à 7 voix contre 3, tout en précisant que plusieurs des partisans du statu quo reconnaissaient qu’il serait approprié d’agir « relativement rapidement ». Pour l’heure, la probabilité d’un resserrement monétaire en décembre est évaluée à près de 68%, selon les calculs de Bloomberg sur la base des contrats futures sur fonds fédéraux.

Sur le plan macro-économique, le commerce extérieur de la Chine s’est nettement dégradé en septembre, les exportations chutant de 10% sur un an, soit trois fois plus que prévu, accusant ainsi leur plus forte baisse en sept mois. Les importations se sont pour leur part contractées de 1,9%, là où le marché anticipait une hausse de 0,6%. En conséquence, le yuan a touché un plus bas de six ans ce matin.

Vers une remontée des stocks de pétrole ?

Sur le front des matières premières, le baril de Brent de la mer du Nord oscille autour de 51,70 dollars, dans un climat marqué par la hausse de la production de l’Opep en septembre et l’anticipation d’une remontée des stocks hebdomadaires aux Etats-Unis. Selon le pointage de l’American Petroleum Institute (API), les stocks de brut ont augmenté de 2,7 millions de barils entre le 30 septembre et le 7 octobre, ce qui serait leur première augmentation après cinq semaines de baisse d’affilée. Le consensus établi par Bloomberg table sur une hausse de 604.500 barils des stocks de brut. La statistique du Département de l’Energie sera publiée à 17h00.
STMicroelectronics et les foncières tirent leur épingle du jeu

La dégradation du commerce extérieur chinois pèse sur l’ensemble des valeurs liées aux matières premières. Total et ArcelorMittal sont donc dans le rouge, tout comme les constructeurs automobiles Peugeot et Renault.

Parmi les valeurs financières, Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale cèdent entre 3% et 4% à la suite des rumeurs selon lesquelles la BCE pourrait débattre la semaine prochaine d’ajustements à son programme d’achat d’actifs, dont une prolongation de celui-ci.

A contrario, ces informations profitent aux foncières Klépierre et Unibail-Rodamco, et notamment l’éventualité d’achat d’une quantité limitée d’obligations affichant un rendement inférieur au taux des dépôts de la BCE.

Nokia poursuit sa glissade au lendemain de l’avertissement du suédois Ericsson sur ses résultats du troisième trimestre. Goldman Sachs a retiré Nokia de sa liste de valeurs préférées (conviction buy list) et abaissé son objectif de cours de 6,50 à 5,80 euros.

Casino pâtit du ralentissement de sa croissance organique au troisième trimestre. A taux de change constants, hors essence et effets calendaires, les ventes ont augmenté de 2,9% après une hausse de 3,8% trois mois plus tôt, et de 1,7% à magasins comparables, après une progression de 1,8%. Casino confirme cependant prévoir un résultat opérationnel courant de 500 millions d’euros en France cette année.

STMicroelectronics est soutenu par les trimestriels records de TSMC. Le premier sous-traitant mondial pour l’industrie des semi-conducteurs a également relevé ses prévisions de chiffre d’affaires annuel.

A noter, enfin, le recul d’Unilever en dépit d’un chiffre d’affaires trimestriel supérieur aux attentes grâce aux récentes hausses de prix. Des augmentations qui ont poussé Tesco, la première chaîne britannique de supermarchés, à retirer certains produits de son catalogue.

lesechos.fr

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