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Le Cameroun a connu une décroissance de 1,1% au cours du premier…

Le Cameroun a connu une décroissance de 1,1% au cours du premier…

Le Cameroun a connu une décroissance de 1,1% au cours du premier trimestre 2015

L’activité économique au Cameroun a connu une décroissance de 1,1% au cours du premier trimestre, peut-on constater à la lecture des comptes nationaux pour la période de référence, publiés par l’institut national de la statistique. Au premier trimestre 2014, la croissance avait été de 4,5%. A l’origine de cette contre-performance, une baisse de régime dans les secteurs secondaire et tertiaire.

Le premier affiche un recul de 1,9% sur la période, plombé par une chute des activités dans le domaine des bâtiments et des travaux publics, qui affichent une baisse de 16,5%. « En glissement trimestriel, on n’avait plus observé une décroissance d’une telle ampleur dans ce sous-secteur depuis le deuxième trimestre 2013, ce qui coïncide également à la dernière baisse comparable du secteur secondaire », a expliqué l’INS dans sa note d’analyse.

Le secteur tertiaire a connu une décroissance de -0,8%. Ce recul est globalement expliquée par la mauvaise performance des activités de télécommunications (-3,9 % après -0,3 %) qui sont entrées en récession ce trimestre, le transport (-0,4% après +2,9%), et les activités d’administration publique, de la santé et de l’éducation (-1,6%) après la brillante performance du dernier trimestre 2014(+17,2%).

Le secteur des télécommunications connait pour la première fois une récession.

L’analyse officielle suggère que cette décroissance est à associer au délai pris dans les engagements du budget de l’État, en raison de l’attente de la loi des finances rectificatives, qui devait prendre en compte l’amendement portant sur la mobilisation de ressources supplémentaires, pour le financement du plan d’urgence initié par le président Paul Biya, et aussi pour couvrir le déficit budgétaire induit de la baisse des prix du pétrole brut.

Le deuxième trimestre devrait se présenter sous des auspices plus positifs. L’essentiel des ressources à mobiliser auprès des banques internationales dans le cadre du plan d’urgence sont déjà disponibles, même si l’opinion publique reste sans nouvelles de l’emprunt international de 1 milliard $ initié en janvier 2015 et confié au groupe Société Générale et la filiale locale de Standard Chartered Bank. De l’autre côté, l’administration en charge des finances a fait savoir que les collectes des recettes fiscales pour le premier semestre ont dépassé les prévisions budgétaires.

Mais ces deux facteurs ne risqueront pas à eux seuls d’inverser la courbe d’une décroissance macroéconomique qui se dessine pour l’année fiscale 2015. Selon les perspectives économiques réajustées du FMI, la croissance du Produit Intérieur Brut courant (ajusté de l’inflation) du pays devrait progresser de 4,4%. Mais lorsque le PIB est calculé à valeur constante, la marge de progression est plus étroite. Il passe de 11 000 milliards de FCFA à 11 600 milliards de FCFA. Pris en dollars US, la perspective de décroissance s’affiche clairement, car le PIB est annoncé à 28 milliards $ en 2015, contre 31 milliards $ en 2014.

Le pays avait placé l’année 2015 comme celle de l’accélération de la croissance. L’objectif serait compromis si les choses ne s’amélioraient pas. La décroissance du premier trimestre a touché des secteurs qui emploient un grand nombre de personnes. Au-delà de l’impact sur les indicateurs économiques c’est aussi la promesse de création de plus de 350 000 emplois qui est sur la sellette.

Idriss Linge
agenceecofin.com

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