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Le Cameroun relève son plafond d’endettement pour la seconde fois cette année

Le Cameroun relève son plafond d’endettement pour la seconde fois cette année

Pour faire face à ses besoins en financements, l’Etat camerounais devra finalement s’endetter à hauteur de 1700 milliards de francs Cfa cette année. Le chef de l’Etat camerounais a signé, le 13 août 2015, une ordonnance «modifiant et complétant certaines dispositions de la loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2015». Celle-ci autorise «le gouvernement à négocier et, éventuellement, à conclure au cours de l’exercice 2015, (…) des emprunts concessionnels et non-concessionnels de montants globaux respectivement de 500 milliards de francs Cfa et 1 200 milliards de francs Cfa».

C’est la 2ème fois depuis le début de l’année, que le plafond d’endettement du Cameroun est relevé. En effet, le 6 février 2015, Paul Biya avait déjà signé une ordonnance relevant à 900 milliards de francs Cfa (contre 375 milliards FCfa dans le budget initial), le montant des financements à lever par le gouvernement par émission de titres publics sur le marché des capitaux.

Un décret signé le même jour autorisait d’ailleurs Alamine Ousmane Mey (photo), le ministre des Finances, à mandater deux banques en vue de l’émission du premier eurobond (750 milliards FCfa) de l’histoire des finances publiques camerounaises, pour le financement du plan d’urgence triennal du gouvernement, d’un montant total de près de 1000 milliards FCfa.

Au final, le plafond d’endettement du Cameroun pour 2015 passe de 900 milliards de francs Cfa en février à 1700 milliards de francs Cfa au mois d’août, en hausse de plus de 90%. Cette seconde révision à la hausse du plafond d’endettement du Cameroun peut davantage s’expliquer par la décision récemment prise par le gouvernement, de financer la construction du chemin de fer Mbalam-Kribi et l’appontement fer du port en eau profonde de Kribi, dans le cadre du développement du projet d’exploitation du fer de Mbalam-Nabeba. Ces infrastructures correspondent à des financements de 1500 à 2000 milliards FCfa, à mobiliser principalement auprès de la Chine, apprend-on.

Par ailleurs, le nouveau relèvement du plafond d’endettement peut accessoirement s’expliquer par la baisse des recettes pétrolières, qui devraient officiellement occasionner des pertes d’environ 300 milliards de francs Cfa au Trésor public cette année, en dépit de la hausse constatée des recettes fiscalo-douanières au premier semestre 2015.

Brice R. Mbodiam
agenceecofin.com

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