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Le contentieux libyen de Société Générale entache ses résultats

Le contentieux libyen de Société Générale entache ses résultats

La banque a vu son bénéfice net reculer de 27,6%, à 1,058 milliard d’euros. Contrairement à BNP Paribas ou à Natixis, ses activités de marchés marquent le pas.

Passage à vide pour Société Générale ? Contrastant avec les publications des ses concurrents français, la banque de la Défense a déçu les investisseurs ce mercredi, avec un résultat net en baisse de 27,6%, à 1,058 milliard d’euros au deuxième trimestre et un produit net bancaire (équivalent du chiffre d’affaires) de 5,199 milliards d’euros, en recul de 25,6%. La sanction boursière a été immédiate : mercredi matin, l’action Société Générale cédait plus de 4% à Paris, réalisant ainsi la pire performance du CAC40 mais aussi de l’indice bancaire européen.

Il faut dire que le trimestre passé, Société Générale a enregistré l’impact de l’accord qu’elle a conclu avec le fonds souverain libyen LIA (Libyan Investment Authority) pour le convaincre d’abandonner les poursuites engagées à son encontre pour des faits de corruption. Signé début mai, celui-ci a pesé sur les revenus de la banque à hauteur de 963 millions d’euros, soit l’intégralité de l’indemnité versée au LIA. Les effets dans les comptes du groupe sont d’autant plus visibles qu’il pâtit ce trimestre – comme ses concurrents – d’un effet de comparaison défavorable. A la même période l’an passée, l’ensemble des grandes banques françaises avaient engrangé des plus-values liées à la vente de Visa Europe à Visa Inc.

Pour Frédéric Oudéa, la bonne nouvelle vient toutefois de la consolidation des fondamentaux du groupe. « Notre solidité financière se renforce avec l’introduction en Bourse d’ALD. Par ailleurs, retraité de tout élément exceptionnel d’ordre opérationnel ou comptable, notre résultat net progresse de 11% à 1,16 milliard d’euros ».

Entre avril et juin, ce sont surtout les métiers internationaux et de financements spécialisés de Société Générale qui ont fait office de locomotive. Le pôle qui rassemble notamment l’assurance, la location longue durée de véhicules, ou encore la banque de détail en Europe de l’Est a vu son résultat net progresser de 30 %, à 568 millions d’euros. Un coup de pouce bienvenu car en France, la banque reste plombée par le niveau des taux d’intérêts. Et sur les marchés, toutes ses activités n’ont pas brillé : dans les produits actions et dérivés en particulier, la banque affiche un recul de ses revenus de 3,3%, contre une croissance de 25% et 33% ce trimestre chez BNP Paribas et Natixis. Mais cela n’a pas empêché Société Générale de faire croître les résultats de banque de financement et d’investissement -qui intègrent aussi la banque privée et la gestion d’actifs- de 11,4 %, à 499 millions d’euros.

D’autres litiges à solder

A l’avenir, la banque se prépare à d’autres trimestres entachés de coûts « exceptionnels ». Elle vient dans cette perspective de consolider sa provision pour litiges de 300 millions d’euros. Au total, celle-ci atteint 1,9 milliard d’euros. Trois dossiers majeurs devraient notamment encore faire l’actualité. Le premier concerne le litige négocié à l’amiable avec le LIA. « Nous avons réglé la partie civile mais il peut y avoir des suites pénales avec les autorités américaines sur ce dossier », explique Frédéric Oudéa. Engagée – comme BNP Paribas ou Crédit Agricole avant elle – dans des négociations avec l’OFAC (Office of Foreign Assets Control) pour un litige portant sur la violation d’embargo américains, Société Générale devrait par ailleurs aboutir à un accord avec les autorités américaines. Enfin, « les suites de l’affaire Euribor, Libor » sont toujours en cours, rappelle Frédéric Oudéa qui se dit déterminé à mettre derrière lui, au plus vite, ces « litiges hérités du passé ». Il reste néanmoins prudent sur le calendrier : « nous espérons le faire dans les prochains trimestres “, a t-il indiqué.

Les Echos

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