mercredi 21 octobre 2020
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Le déficit commercial de la France va beaucoup se creuser cette année

Le déficit commercial de la France va beaucoup se creuser cette année
Au premier semestre 2016, le bénéfice est de 4,1 milliards de francs, pour le géant de l'agroalimentaire.

Avec la crise du Covid-19, l’institut Rexecode attend en 2020 un trou de 68 milliards d’euros contre 58 milliards l’an passé. Les exportations pourraient plonger de près de 100 milliards d’euros, notamment à cause du coup de frein dans l’aéronautique.

S’il y a un domaine qui est remis en cause, au moins à court terme, par la crise du Covid-19, c’est bien celui de l’exportation . En paralysant une bonne partie de l’économie de la planète, le coronavirus s’en est de fait pris à la mondialisation. Mais surtout, il a touché certains secteurs, dans lesquels la France excelle, comme l’aéronautique. Les exportations aéronautiques ont représenté 64 milliards d’euros l’an passé et l’excédent commercial de ce secteur a atteint 30 milliards d’euros en 2019, de loin le plus important. Le commerce extérieur de l’Hexagone est donc attaqué de front alors qu’il commençait tout juste à remonter la pente.

Alors que le déficit du commerce extérieur avait atteint 58 milliards d’euros l’an passé, l’institut Rexecode attend en 2020 un trou de 68 milliards d’euros. Et encore, le prix du pétrole a baissé depuis le début de la pandémie. Mais les exportations devraient chuter de plus de 90 milliards d’euros, selon ses experts. Les économistes d’Euler Hermes anticipent même une chute de 100 milliards. Rien que dans l’aéronautique, les exportations devraient baisser de 10 milliards d’euros.

Il faut dire que, selon l’Insee, les usines aéronautiques en France ne tournaient qu’à 73 % de leurs capacités de production à la fin août, après avoir été quasi à l’arrêt pendant le confinement et que le transport aérien a du mal à redécoller. La chimie et l’agroalimentaire seront aussi très touchés. « Très tourné vers l’Union européenne, l’appareil exportateur français souffrira de la récession européenne attendue cette année », expliquent les économistes d’Euler Hermes dans une étude. Cerise sur le gâteau, l’euro s’est apprécié de 5 % en moyenne contre les autres devises, en un an. Les importations globales, elles reculeront moins, de l’ordre de 80 milliards cette année, prévoit Rexecode.

Un point de PIB en plus fait grimper les importations de 3,1 %

« Parmi les grandes économies développées, c’est en France que la croissance du PIB entraîne la plus forte hausse des importations, avec l’Italie. Mais l’Italie a une capacité exportatrice supérieure à celle de l’Hexagone », souligne Selin Ozyurt, économiste chez Euler Hermes. Selon ses calculs, un point de croissance du PIB français entraîne en moyenne une hausse des importations de 3,1 points. Dans le cas de l’Allemagne, un point de croissance fait grimper les importations de 2,1 %.

Pour cette experte, « cette crise a renforcé la dépendance de la France aux importations. On a vu que, malgré l’arrêt de l’économie pendant le confinement, le pays a tout de même dû importer des produits ». Au deuxième trimestre, les exportations ont plongé de 29 % avec l’arrêt des usines alors que, malgré la chute de la consommation, les importations n’ont baissé que de 21 %. La dépendance du pays aux achats de masques chinois a aussi pesé.

85 % des entreprises exportatrices vendaient à l’étranger cet été

Pourtant, depuis la fin du confinement, la reprise est réelle. Selon le dernier baromètre de Business France, qui a interrogé plus de 8.000 entreprises exportatrices, 85 % d’entre elles avaient une activité à l’exportation en juillet-août alors qu’elles n’étaient que 69 % dans ce cas en juin. D’ailleurs, les exportations de la France vers la zone euro et les Etats-Unis sont revenues cet été à 85 % de leur niveau du quatrième trimestre 2019, contre 60 % seulement en avril.

La reprise « se heurte néanmoins pour aller plus loin à trois obstacles : la faiblesse de la demande intérieure chinoise, les tensions commerciales globales et le Brexit », selon Julien Manceaux, économiste à la banque ING. Sans compter le retour des incertitudes sanitaires et des fermetures de certains pays.

Parmi les entreprises sondées par Business France, 45 % de celles qui continuent à exporter citent le manque de visibilité comme étant leur principale difficulté. Alors que le nombre d’entreprises exportatrices avait commencé à remonter l’an passé, il va très probablement diminuer beaucoup cette année. Or, c’est une indication de la vitalité du tissu productif français.

lesechos

 

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