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Le design, un moyen pour l’artisanat africain de conquérir le marché mondial

Le design, un moyen pour l’artisanat africain de conquérir le marché mondial

Les réseaux sociaux et surtout le marketing sont un moyen qui permettrait aux entreprises sociales d’Afrique et du Moyen-Orient de créer une plateforme d’échanges et de conquérir de nouveaux marchés internationaux. Ces deux pistes ont été suggérées aux représentants des 25 pays lors du premier sommet du commerce et de l’investissement qui se tient jusqu’au 23 septembre au centre de conférences de l’université d’El Akhawayn d’Ifrane. Diane Merry, de Microsoft, a appelé les femmes chefs d’entreprises sociales à ne pas négliger les réseaux sociaux pour faire connaître leurs savoir-faire et leurs marques tout en gardant à l’esprit que ces médias sont aussi une porte ouverte au plagiat et à la contrefaçon, comme le souligne un économiste en gestion et droit économique numérique. «L’utilisation des réseaux sociaux est une nouvelle forme de communication pour les entreprises. Mais cela amène aussi son lot d’inconvénients. C’est un risque que les marques doivent prendre si elles veulent s’exposer sur Internet».

Mais le design, comme le soulignent les professionnels, lorsqu’il est présent dès la phase de réflexion, permet aux entreprises et aux collectivités d’être source d’innovation et de progrès. Cette définition de l’Agence française du développement convient aux entreprises sociales d’Afrique, notamment celles dirigées par les femmes. Pour Hicham Lahlou, le recours au design est non seulement sans risque, mais porteur de croissance pour l’artisanat africain qui en est à ses premières conquêtes du marché mondial : «En améliorant son image, le design aide les marques à améliorer leur qualité et à accéder ainsi aux marchés internationaux. Certaines marques africaines, à l’image de ce qui se fait entre l’Afrique du Sud et le Danemark, commencent à faire appel aux designers. C’est pour cette raison que nous avons lancé au Maroc la plateforme “Africa design days” pour faire du Royaume un hub d’échanges économiques Sud-Sud».

Et c’est justement l’échange qui est au centre des objectifs de ce premier sommet d’Ifrane. Khadija Idrissi Janati, présidente de «Trade and Impact», à l’origine de ce forum prend, elle, l’exemple du Karité, un arbre des savanes d’Afrique de l’Ouest qui permet à 16 millions de femmes de cette région d’avoir une activité génératrice de revenus. «Avec les différents produits cosmétiques qu’offre cet arbre, cette niche génère chaque année 35 millions de dollars de chiffres d’affaires. Ce forum est un premier jalon pour accompagner ces femmes pour connaitre les besoins du marché du textile, de l’artisanat et de l’agro-industrie pour le cosmétique. Nous avons retenu ces secteurs, car ils font partie du top 5 des secteurs employeurs de femmes en Afrique.

Cependant, il y a peu d’études de marché en Afrique», indique Khadija Idrissi Janati qui souligne la rareté des bailleurs de fonds qui investissent dans les petites entreprises sociales, car leur chiffre d’affaires est trop faible. Le chemin promet d’être long. C’est pour cette raison que ce sommet deviendra annuel : «L’Afrique du Sud et le Swaziland se sont portés candidats pour l’organisation du prochain sommet, mais vu l’intérêt porté par le gouvernement marocain, nous pensons organiser chaque édition au Royaume avec des ateliers thématiques itinérants à travers d’autres pays», est-il annoncé.

 

 

 

lematin.ma

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