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Le dollar canadien au plus bas depuis 2009

Le dollar canadien au plus bas depuis 2009

La Banque centrale canadienne fait pression sur la devise pour stimuler l’économie du pays.

Le dollar canadien flirte avec le seuil de 1,30 pour 1 dollar pour la première fois depuis 2009. La devise pourrait continuer à se déprécier et atteindre des niveaux inégalés depuis 2004. La politique de la Banque centrale du Canada pèse en tout cas en faveur d’une poursuite de la baisse de sa monnaie nationale. Il y a un peu plus d’une semaine, l’institution a abaissé son taux directeur de 25 points de base pour la deuxième fois cette année, l’établissant à 0.5%, son niveau de juin 2010. En effet, la banque centrale avait déjà surpris les marchés en janvier en baissant son taux pour la première fois en cinq ans. Le taux d’inflation a atteint 1% en juin, à peine dans la fourchette cible de 1 à 3%, laissant une marge de manœuvre au régulateur.

Ce soutien monétaire vise à pallier la mauvaise passe traversée par l’économie canadienne. La Banque centrale a en effet révélé la semaine dernière avoir baissé sa prévision de croissance annuelle de 1,9% à 1,1%. Et pour cause, l’économie s’est contractée de 0,6% au premier trimestre, sur un an. Le Canada souffre de la chute des cours des matières premières, et surtout de la baisse du prix du pétrole, qui siège au premier rang de ses exportations. Olivier Korber, de la Société Générale ajoute que « le commerce extérieur ne devrait pas stimuler la croissance, la faiblesse du dollar canadien n’ayant pas permis de soutenir les exportations ». La dépression du prix de l’or n’est pas non plus sans pénaliser les grandes compagnies minières du pays, à l’image de Barrick Gold, dont le titre est au plus bas depuis 25 ans. L’or qui a inscrit mercredi une dixième séance consécutive de baisse à 1.094 dollars l’once.

Guerre des changes

Au même titre que l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou la Norvège, le Canada fait partie des pays développés les plus dépendants des exportations de matières premières. Ces économies ont bénéficié des taux historiquement bas de la Fed suite au crash financier, qui ont permis de booster la demande pour les matières premières. Inversement, depuis le retournement du cours des produits de base, lié notamment au ralentissement chinois, et en raison de la perspective de remontée des taux de la Fed, ces pays tentent de retrouver de la compétitivité en dévaluant leur monnaie.

Tout espoir n’est pas perdu. Le Canada compte bien sur un redressement de la demande américaine pour enclencher la reprise des exportations hors matières premières. Son voisin est en effet aussi son principal partenaire commercial, recevant 75% de ses exportations. Et les dernières statistiques de l’économie américaine devraient pouvoir susciter de nouveaux espoirs.

Laura Le Saux
lesechos.fr

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