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Le flou sur la flexibilité annoncée par la banque centrale nigériane affecte désormais le marché…

Le flou sur la flexibilité annoncée par la banque centrale nigériane affecte désormais le marché…

Le flou sur la flexibilité annoncée par la banque centrale nigériane affecte désormais le marché parallèle des devises

Les incertitudes qui entourent la mise en place des mesures de flexibilité annoncées par la banque centrale au Nigéria, affecte désormais le marché parallèle des devises, a-t-on constaté vendredi 3 juin 2016. Le naira qui s’échangeait à 356 contre 1 $ a descendu à seulement 351 nairas dans les principaux bureaux de change de Lagos, a-t-on appris de plusieurs personnes proches du secteur et questionnées par téléphone sur le sujet.

Jeudi 2 juin, Godwin Emefiele, le gouverneur de la banque centrale n’a pas pu trouver des mots justes pour expliquer les grandes lignes de la réforme, face aux banquiers opérant au Nigéria. La confusion se forge d’autant que quelques jours après l’annonce de la flexibilité, le président Buhari est remonté au créneau, pour dire qu’il n’y aura pas de dévaluation, maintenant son argumentaire selon lequel, cela conduirait à des défis encore plus compliqués que ceux de la situation actuelle.

Selon des commentaires rapportés par Reuters, les professionnels de la banque n’ont pas confiance quant à la volonté des autorités de vouloir résoudre de manière efficace, ce problème complexe du verrou monétaire. Le maintien du naira à un taux artificiellement élevé n’a pas non plus contenu l’inflation qui, à la fin mai, était de 13,7%, proche de son niveau record de 2010 (14%).

La réalité nigériane est propre à celle de beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne, dont la consommation ou la base de production, sont tournées vers des produits ou des capitaux étrangers. Les faibles réserves de change du pays accroissent la demande pour les devises, faisant augmenter leurs prix en naira, et donc le taux de change réel. Dans le même temps, le stock des investissements et constitué essentiellement de capitaux étrangers qui ont tendance à se retirer si les investisseurs ne peuvent plus rapatrier leurs bénéfices.

Face à cette situation, de nombreux gouvernements avaient entrepris de recourir aux marchés internationaux des capitaux. Mais les conditions se sont durcies et plusieurs d’entre eux n’ont pas hésité à faire appel aux institutions de Brettons Wood, pour obtenir un appui face à leurs déficits budgétaire grandissant.

Sur le Nigeria Stock Exchange, la réponse des investisseurs a été surprenante. Après avoir plongé de 6% au terme des séancs de mercredi et de jeudi, l’indice spécifique composé des actifs bancaires, a rebondi ce vendredi de 5,4%, tiré par des actions comme United Bank of Africa qui a bondi de 10%, Guaranty Trust Bank et Zenith Bank qui ont respectivement progressé de 8,17% et 7,14%. Toutefois sur les 12 derniers mois écoulés, le Nigeria SE Banking affiche un rendement négatif de 40%.

Idriss Linge
agenceecofin.com

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