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Le fonds souverain norvégien a doublé de taille en trois ans

Le fonds souverain norvégien a doublé de taille en trois ans

Le fonds de pension public norvégien, le plus gros fonds souverain au monde, a affiché l’an dernier un rendement de 7,6%, sa valeur ayant quasiment doublé en trois ans, a annoncé vendredi la Banque de Norvège, chargée de sa gestion.

Placé en actions, en obligations et dans l’immobilier un peu partout dans le monde, le fonds pesait 6.431 milliards de couronnes (745,1 milliards d’euros) fin 2014, faisant de chacun des 5,2 millions de Norvégiens des millionnaires, en tout cas sur le papier. Fin 2011, le fonds valait 3.312 milliards.

L’an dernier, le fonds a encore grossi de 544 milliards de couronnes grâce à ses investissements, profitant en particulier de la hausse du marché des actions, qui représentent 61,3% de son portefeuille et dont le rendement a atteint 7,9%.

Celui des obligations (36,5% du portefeuille) s’est élevé à 6,9% et celui de l’immobilier (2,2% des placements) 10,4%.

Pour financer les futures dépenses de son État-providence, la Norvège met traditionnellement de côté l’intégralité de ses importants revenus pétroliers publics et ne s’autorise à utiliser qu’un maximum de 4%, chiffre arbitraire correspondant à leur rendement estimé, pour équilibrer ses comptes publics sinon déficitaires.

Depuis qu’il a été abondé pour la première fois en 1996, le fonds a dégagé un rendement réel (corrigé de l’inflation) de 3,8%.

Nous devons être prêts à ce que ces rendements soient moins élevés à l’avenir, a répété lors d’un point de presse le gouverneur de la Banque de Norvège Øystein Olsen, qui préconise depuis quelques années une retenue accrue dans les ponctions réalisées dans le fonds par le gouvernement.

Cette énorme manne financière est régie par de strictes règles éthiques édictées par le Parlement et qui lui interdisent d’être investie dans les groupes coupables de violation des droits de l’Homme, dans ceux fabriquant des armes particulièrement inhumaines ou dans les producteurs de tabac.

Une soixantaine d’entreprises figurent ainsi sur sa liste noire parmi lesquelles EADS, Boeing, Safran, Philip Morris ou encore Wal-Mart.

Illustration que bonnes affaires et bonnes pratiques sont de plus en plus liées, le fonds s’est aussi de lui-même désengagé ces dernières années d’entreprises dont le modèle économique n’est selon lui plus tenable à moyen terme en raison de son coût pour l’environnement ou le changement climatique.

Après s’être désengagé de 49 entreprises l’an dernier, dont une grosse vingtaine présentaient un risque carbone jugé trop élevé (extraction de charbon, sables bitumineux, production de ciment), le fonds a encore vendu ses parts dans 20 groupes jusqu’à présent cette année, a indiqué vendredi son patron Yngve Slyngstad.

Investi dans près de 9.200 entreprises, le fonds norvégien contrôle l’équivalent de 1,3% la capitalisation boursière mondiale, une part qui monte à 2,4% sur les marchés européens.

romandie.com

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