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Le G20 s’attaque aux finances du terrorisme

Le G20 s’attaque aux finances du terrorisme

A Antalya, les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 devaient s’entendre pour renforcer la lutte contre le financement du terrorisme.

C’était déjà inscrit à l’ordre du jour du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G20 d’Antalya, à la demande de la Turquie. Après les attentats de Paris, la lutte contre le terrorisme va prendre une nouvelle dimension. Avant même l’ouverture formelle du sommet, dimanche midi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, hôte du sommet, avait promis une réponse « très forte, très dure ». « Cette attaque terroriste n’est pas seulement dirigée contre le peuple français, mais contre toute l’humanité […]. Comme vous le savez, le terrorisme ne fait pas de différence entre les religions, les races, les nations ou les pays », avait-il ajouté à l’issue de son entretien bilatéral avec le président américain, Barack Obama. Dimanche, ce dernier s’est même entretenu en tête-à-tête avec son homologue russe, Vladimir Poutine, de manière inattendue.

Alors que les leaders du G20 ont observé une minute de silence pour les victimes des attentats de Paris et Ankara, les délégations travaillaient à la rédaction d’un communiqué à part sur le sujet du terrorisme. Selon le projet de texte qui devait être adopté dans la soirée, les leaders du G20 devaient condamner les « odieux attentats de Paris » et promettre de rester unis dans leur lutte. Ils devaient aussi décider de s’attaquer au financement du terrorisme et à un meilleur échange d’informations entre les pays au sein du Groupe d’action financière (Gafi) contre le terrorisme. Devant l’afflux de djihadistes étrangers, un renforcement des contrôles aux frontières et du trafic aérien est aussi envisagé.

Auparavant, le ministre des Finances français, Michel Sapin, accompagné de son homologue des Affaires étrangères, Laurent Fabius – ils représentaient tous deux François Hollande –, avait indiqué que « la France voudra des décisions concrètes en matière de lutte contre le financement du terrorisme ». C’est le rôle dévolu au Gafi qui rassemble 34 pays dont ceux du G20 [NDLR : sauf l’Indonésie] qui travaillent avec un réseau de 194 juridictions dans le monde pour traquer l’argent du terrorisme. « C’est un travail de longue haleine et de fond que le G20 a entrepris depuis plusieurs années déjà. Les attentats de Paris ne vont faire que renforcer le mouvement », témoigne une source diplomatique française. Avant d’ajouter que le G20 va traquer l’argent de la terreur même si « nous avons affaire à des gens très mobiles en charge des transferts d’argent liquide ».

Richard Hiault / Grand reporter
lesechos.fr

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