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Le Ghana renonce à un emprunt obligataire en Cedi

Le Ghana renonce à un emprunt obligataire en Cedi
Le Ghana abandonne son projet d’emprunt obligataire en monnaie locale, étalé sur une période de 5 ans, à cause des conditions de marché insatisfaisantes. Le pays a entrepris d’importantes actions pour améliorer sa gestion budgétaire et maintenir sa cote de crédit, afin de s’acquitter de taux d’intérêts plus faibles sur ses obligations.

En raison des conditions de marché défavorables, le gouvernement du Ghana renonce à un emprunt obligataire en monnaie locale prévu sur une période de 5 ans. L’information émane d’un communiqué officiel adressé aux investisseurs. Selon le plan initial tombé à l’eau, le ministère de l’économie et des finances avait prévu de refinancer les dettes arrivant à échéance par le biais de l’émission de comptes ouverts avec des prévisions de prix initiaux entre 20,5% et 21,5%, puis de 19,75% à 21%. Mais les prix de l’obligation ont été jugés trop élevés et les marchés volatiles. Cet environnement peu favorable combiné à une faible demande des investisseurs a conduit à l’abandon du projet par des autorités d’Accra.

«En raison des conditions actuelles du marché, l’émetteur a décidé de ne pas procéder à l’émission d’obligations du Trésor à cinq ans, à la date de septembre 2018, comme prévu. Nous vous remercions de votre intérêt», a résumé sobrement le document adressé aux investisseurs.

Le Ghana qui a subi de plein fouet la crise économique des pays producteurs de pétrole entre 2014-2016, tente de rééquilibrer ses finances. Mi-mai, l’argentier du pays, Ken Ofori-Atta, était monté au créneau pour expliquer que le Ghana doit privilégier la réduction du coût des intérêts. Dans une interview accordée à Bloomberg le 11 mai dernier, Ofori-Atta précise : «Nous nous concentrons sur la viabilité de la dette», avant d’ajouter que les taux d’intérêts en pourcentage des revenus sont devenus ses principaux objectifs de travail.

Le Ghana qui a renoncé au programme du FMI est engagé dans un processus d’amélioration de sa gestion budgétaire. Le pays dont l’économie est tributaire de ses exportations de cacao, d’or et de pétrole, devrait boucler en 2018 un accord d’aide de 918 millions de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI) pour réduire son déficit budgétaire, stabiliser sa devise et réduire sa dette. Le Ghana est sur une pente ascendante et se remet de ses années de crise. En 2018, il attiendra le taux de croissance le plus élevé en Afrique, à plus de 8%, selon des indicateurs convergents de la BAD, du FMI et de la Banque mondiale.

Maimouna Dia

afrique.latribune

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