samedi 23 janvier 2021
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Le groupe Alibaba du chinois Jack Ma pourrait quitter la Bourse de New York

Le groupe Alibaba du chinois Jack Ma pourrait quitter la Bourse de New York

Un projet de loi récemment adopté permet un accès approfondi aux comptes des sociétés étrangères cotées sur les bourses américaines. Cela est contraire à la législation appliquée par la Chine concernant ses entreprises parmi lesquelles le groupe Alibaba.

Les parlementaires américains ont fait passer un projet de loi qui pourrait forcer le groupe Alibaba fondé par le milliardaire chinois, Jack Ma, à sortir du New York Nasdaq où il est coté.

Dans sa récente mouture, la Holding Foreign Companies Accountable Act (HFCAA) ou encore loi sur la responsabilité des sociétés étrangères oblige les entreprises non américaines à autoriser que l’entité américaine en charge de la surveillance comptable des sociétés cotées puisse accéder à leurs comptes certifiés.

Cette disposition est actuellement en contradiction avec la réglementation sur les entreprises fixée par Pékin. Le nouveau texte obligerait également les entreprises étrangères cotées sur les bourses américaines à prouver qu’elles ne sont pas contrôlées par un gouvernement.

« Le vote d’aujourd’hui, combiné aux travaux en cours de la commission, aidera à résoudre ces problèmes de longue date au profit des investisseurs américains », a fait savoir Jay Clayton, président de la Commission de surveillance des bourses américaines, commentant cette actualité.

Les observateurs de la situation s’attendent à ce que le président Donald Trump signe rapidement le texte avant de céder son fauteuil à son successeur Joe Biden. Il sera difficile pour le nouveau président de défaire une telle loi, car elle est aussi bien soutenue par le camp républicain que démocrate. Cette décision peut rapidement s’inscrire dans le cadre de la guerre commerciale sino-américaine menée avec plus de virulence par l’administration Trump.

Cette loi vient par ailleurs, fixer une dérive constatée au lendemain de la crise économique et financière de 2008. La Chine en était ressortie renforcée et affichait des taux de croissance à deux chiffres. Ainsi, elle est devenue la niche de croissance pour les négociants de titres en bourse. Ceux-ci proposaient à des investisseurs et ménages américains d’investir sur des sociétés chinoises cotées aux USA afin de tirer profit de cette croissance. Seulement, dans plusieurs cas, le rêve s’est transformé en mirage.

Dans ses recommandations, une équipe de travail avait suggéré que les entreprises chinoises qui ne sont pas en règle soient exclues des bourses américaines, dès 2022. Il n’est cependant pas facile d’appliquer une telle décision. Pour une entreprise comme Alibaba, plusieurs centaines de milliers d’Américains sont ses investisseurs et pourraient perdre gros.

Les dommages risquent d’être assez limités pour l’entreprise qui sait aujourd’hui qu’elle peut lever suffisamment de fonds sur les bourses chinoises. L’expérience record de sa filiale Ant Group, quoique stoppée par les dirigeants de la Chine, en est la preuve.

On a observé que l’adoption de ce projet de loi n’a pas semé la panique sur les marchés. La valeur de son action a progressé de 2,4% le jeudi 3 décembre 2020 sur le New York Nasdaq.

Les investisseurs sont séduits par les solides performances du groupe, surtout par la belle progression de sa division jeux vidéo qui est en train de prendre le dessus sur ses concurrents chinois tels que Tencent et NetEase.

agenceecofin

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