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Le lanceur d’alerte des Panama papers, “John Doe”, a-t-il été arrêté à Genève ?

Le lanceur d’alerte des Panama papers, “John Doe”, a-t-il été arrêté à Genève ?

Suspecté d’avoir soustrait un grand nombre de données informatiques à son employeur, un informaticien est actuellement sous les verrous dans la cité suisse. Est-il “John Doe” ?

Un informaticien du bureau genevois du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, au cœur du scandale des “Panama Papers”, a été arrêté pour vol présumé de données informatiques, a appris l’AFP ce mercredi 15 juin de source proche du dossier, confirmant une information du quotidien suisse “Le Temps”.

Un porte-parole du pouvoir judiciaire genevois, Henri Della Casa, indique laconiquement :

“Une procédure pénale est ouverte par le ministère public genevois à la suite d’une plainte de Mossack Fonseca.”

Arrêté il y a quelques jours, l’homme est soupçonné de “soustraction de données”, d’”abus de confiance” et d’”accès indu à un système informatique”. Une perquisition a par ailleurs été menée par le parquet dans les locaux de l’antenne genevoise de Mossack Fonseca. Du matériel informatique a été saisi. L’informaticien, qui nie les faits, est suspecté d’avoir “fait sortir un très gros volume de données confidentiel” au cours “d’une période récente”.

La plus grosse fuite de l’histoire

Pourrait-il s’agir, comme se le demande “Le Temps”, du mystérieux lanceur d’alerte “John Doe”, qui avait transmis plus de 11 millions de documents relatifs à l’ouverture de dizaines de milliers de sociétés offshore par les clients du cabinet panaméen ?

C’est le plus scandale d’évasion fiscale de l’histoire : que sont les Panama papers ?Début avril, ce scandale dit des “Panama papers” avait débouché sur de nombreuses enquêtes dans le monde, poussant notamment le Premier ministre islandais et un ministre espagnol à la démission. Le 5 avril, Mossack Fonseca avait affirmé avoir été victime d’un piratage informatique opéré depuis des serveurs étrangers et avoir porté plainte à ce sujet.

Ces 2,6 téraoctets de données, la plus grosse fuite de l’histoire du journalisme, avaient été transmis par un seul homme au quotidien allemand “Süddeutsche Zeitung”. “John Doe”, qui se défendait de travailler pour un Etat ou un service de renseignements, y avait ensuite expliqué ses motivations dans un manifeste publié en mai.

“J’ai décidé de démasquer Mossack Fonseca parce que je pense que ses fondateurs, ses employés et ses clients doivent répondre de leur rôle dans ces crimes”, écrivait-il.

Interrogé par “Le Temps”, l’avocat genevois de Mossack Fonseca, Thierry Ulmann, ne veut confirmer aucune hypothèse. “Ce que nous savons, c’est que des données ont été soustraites depuis son ordinateur à Genève et que cet informaticien disposait de tous les droits d’accès. C’est sur cette base que nous avons déposé plainte pour soustraction de données et violation du secret de l’avocat.”

T.V./msn.com

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