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Le livret A, un succès jamais démenti depuis 200 ans

Le livret A, un succès jamais démenti depuis 200 ans

Le livret A, traditionnellement qualifié de placement préféré des Français, fête ce mardi 22 mai ses 200 ans. Son rendement financier n’a jamais été aussi bas, 0,75% à ce jour, mais sa souplesse et surtout l’absence totale de fiscalité qui s’y rattache en fait toujours le produit d’épargne de précaution de tous les Français, des plus riches aux plus modestes.

On compte aujourd’hui, après 200 ans d’existence, plus de 56 millions de livrets A. Quatre-vingt-trois pour cent de la population française en détiennent un, dont un nombre important de bébés. Car si le livret A est limité à un par personne, il n’a pas de limite d’âge et une famille avec deux enfants peut ainsi en détenir quatre. Le plafond de dépôt sur un livret A est actuellement fixé à 22 950 euros, précisément.

Créé le 22 mai 1818, le livret d’épargne n’avait pas pour fonction de faire face aux besoins de la vie quotidienne ; il était destiné à couvrir la crise financière déclenchée par les guerres napoléoniennes. Désormais, son objectif est tout autre : géré par la Caisse des Dépôts, le livret A aide à financer le logement social. Et pour attirer les épargnants, quoi de mieux que d’exonérer les intérêts de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux ? De plus, les retraits sont possibles à tout moment, et le retrait minimum est de 10 euros seulement. C’est pourquoi le livret A continue à plaire tellement aux épargnants en dépit de taux d’intérêt historiquement bas : 0,75 % d’intérêt par an depuis août 2015.

C’est peu en effet. Surtout si on compare ce taux aux 8,5 % d’intérêt qui avaient cours en 1981. Mais cette année-là, l’inflation était à 13 % tandis qu’elle dépasse à peine 1 % actuellement. Les rendements de l’assurance-vie, deuxième produit d’épargne préféré des Français, étaient en 2017 à 1,5 % en moyenne avec des contraintes bien supérieures et une fiscalité de moins en moins avantageuse. Alors, pesant le pour et le contre, les épargnants conservent et même continuent d’abonder leur livret A. L’encours atteignait en mars dernier 278 milliards d’euros.

Le livret A fait des petits

On peut même dire que le livret A a fait des petits. En 2007, le gouvernement créait le livret de développement durable lui aussi défiscalisé, devenu en 2016 le livret de développement durable et solidaire dont les fonds servent à financer des travaux d’économies d’énergie dans les logements. Son encours est actuellement de 105 milliards d’euros. Le livret d’épargne populaire créé en 1982 est réservé aux plus modestes.

Toutefois, le gouvernement a annoncé une réforme du livret A. Rémunérer suffisamment l’épargne tout en favorisant le logement social est devenu incompatible. Le gouvernement a donc décidé de maintenir le taux actuel de 0,75 % jusqu’en janvier 2020. A partir de là, le calcul du taux d’intérêt sera composite et ne garantira plus la compensation de la hausse des prix.

En revanche, la rémunération ne pourra pas tomber au-dessous du plancher de 0,5 % l’an. Comme on s’attend à une remontée prochaine des taux d’intérêt sur les marchés financiers, le gouvernement espère ainsi alléger la charge financière du logement social d’environ 675 millions  d’euros par an. Qui n’iront pas dans la poche des épargnants.

Francine Quentin
rfi

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