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Le marché lucratif de la CAN

Le marché lucratif de la CAN

La 30è édition de la coupe d’Afrique des Nations se déroule du 17 janvier au 8 février 2015, en Guinée Équatoriale. Cette compétition offre de nombreuses opportunités aux différents acteurs.

L’organisation de la CAN comporte plusieurs avantages tant sur le plan économique que social. Sur le plan économique, la CAN stimule la croissance économique à travers l’investissement en infrastructures de toutes sortes et la promotion du tourisme. Par exemple, les chantiers de la CAN 2012 ont permis au Gabon de réaliser un taux de croissance de 6,7% en 2010 et 7,1% en 2011. L’organisation de la CAN 2013 a permis à la fédération sud africaine de football de réaliser un bénéfice de 360.000 dollars. Au Burkina Faso, les réalisations de la CAN 1998 sont toujours perceptibles. Par ailleurs, l’organisation d’une compétition de dimension internationale comme la CAN constitue une bonne publicité pour le pays organisateur. La CAN est l’événement sportif le plus suivi du continent. En 2013 par exemple, le secteur touristique sud africain a connu une hausse de 3,9%.
Sur le plan social, l’organisation de la CAN contribue à la création d’emplois et à l’atténuation des tensions. Après les victoires, les rues sont prises d’assaut par les supporteurs qui manifestaient leur joie. L’organisation de la CAN peut être un puissant moyen de cohésion sociale, du moins momentanément, dans les pays en crise ou qui sortent de crise car le sport est un puissant facteur de rassemblement au-delà des clivages politiques, ethniques et sociaux. On comprend donc pourquoi certains pays font des pieds et des mains afin de pouvoir organiser la compétition. D’aucuns n’hésitent pas à passer par la corruption pour avoir les faveurs des instances dirigeantes du football.

De gros profits

Si les pays organisateurs tirent profit de la CAN, les retombées sont encore plus consistantes pour la CAF, les lobbies des entreprises, les sponsors (équipementiers sportifs, marques de boissons, annonceurs, médias, etc.). En effet, la CAF est le plus grand gagnant en droits de retransmission et de sponsoring. Par exemple, le groupe Canal de Vivendi a obtenu la diffusion des CAN 2013 et 2015 pour un contrat de 2,7 millions d’euros par édition soit environ 1,8 milliard de FCFA. En 2004, la société de téléphonie mobile MTN a conclu avec la CAF un contrat de 25 millions d’euros pour être le sponsor principal de la CAF pour 4 ans. A côté de la CAF, il y a les medias qui revendent les droits de retransmissions à prix exorbitants.
Pour que la CAN puisse véritablement servir aux pays africains, il faut de réelles réformes structurelles commençant par le soutien aux équipes de football, l’entretien des infrastructures, le développement d’activités économiques véritablement pérennes autour du football. L’organisation de compétitions sportives ne doit pas simplement viser des intérêts politiques. A la dernière coupe du monde, le Brésil a investit des sommes colossales pour la compétition pendant que de nombreux Brésiliens croupissaient dans la misère. D’où les incessantes manifestations. Les pays africains doivent aussi travailler à ce que le sport soit au service du développement.

Aimé Florentin BATIONO
Pour Ecodafrik

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