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Le mariage entre Fnac et Darty est engagé

Le mariage entre Fnac et Darty est engagé

Après près de deux mois de discussions serrées, le mariage entre Fnac et Darty semble cette fois engagé, à la suite du dépôt vendredi par la Fnac d’une offre ferme de rachat, et de la recommandation par le conseil d’administration de Darty d’accepter cette offre.

Les deux groupes avaient franchi une première étape importante le 6 novembre en parvenant à un accord sur les termes financiers de leur rapprochement.

La Fnac, qui proposait initialement un rachat de Darty uniquement par un échange de titres, offre désormais aux actionnaires une alternative en espèces à hauteur d’un montant maximum de 95 millions d’euros, en plus de leur offre d’échange d’une action Fnac pour 37 actions Darty.

Un délai supplémentaire avait toutefois été demandé le 11 novembre, afin de régler les derniers détails pratiques et juridiques de la transaction.

La Fnac avait donc jusqu’à ce vendredi 20 novembre, 17H00 heures anglaise (18H00 heure française) pour confirmer son projet de rachat par une offre ferme ou bien y renoncer.

L’offre a donc été déposée et «recommandée» par le conseil d’administration de Darty, est-il indiqué.

La transaction valorisera Darty, coté à Londres, à environ 558 millions de livres (environ 797 millions d’euros), sur la base du cours de clôture du 19 novembre, précisent les deux groupes dans un communiqué commun.

Ensemble, les deux distributeurs représenteront un chiffre d’affaires cumulé de plus de 7 milliards d’euros. Cela fera de l’entité combinée «un leader en France avec des ventes de 5,6 milliards d’euros» et lui donnera une «présence significative à l’étranger, avec environ 200 magasins», est-il précisé.

«La combinaison de la Fnac et de Darty représente une opportunité stratégique majeure (…) Nous sommes convaincus que l’acquisition envisagée bénéficiera aux deux groupes, et en particulier à leurs employés et clients respectifs et qu’elle représente une opportunité de création de valeur unique pour les actionnaires de Darty et de la Fnac», a commenté Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac, cité dans le communiqué.

Pour Alan Parker, président du Conseil d’administration de Darty, «le rapprochement avec la Fnac offre une opportunité (à Darty) d’aller encore plus loin, en créant un leader européen de la distribution, en dégageant des synergies attractives pour les investisseurs, en bénéficiant à nos clients, et en donnant des opportunités de développement significatives pour nos équipes».

- syndicats inquiets -

Plusieurs étapes restent toutefois encore à franchir, dont l’examen de l’opération par les Autorités de la concurrence belge et française, qui pourraient demander des cessions de magasins, si elles estiment que le rapprochement risque de créer des positions dominantes sur certaines zones. L’opération devra aussi être définitivement approuvée par les assemblées générales des deux groupes. A tout moment, l’une ou l’autre des parties pourrait renoncer.

Dans tous les cas, le mariage entre les deux groupes ne sera vraisemblablement pas finalisé avant le deuxième semestre 2016.

La Fnac, qui emploie 14.500 collaborateurs (dont 61% en France), a dégagé en 2014 un bénéfice net de 41 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 3,89 milliards (-0,3%).

Darty, qui emploie 12.600 personnes en France et à l’étranger, a renoué avec les bénéfices l’an dernier, avec 13,8 millions d’euros de résultat net pour des ventes de 3,51 milliards (+3,2%).

Un mariage entre les deux enseignes renforcera considérablement le poids des deux groupes, malmenés par la concurrence de nouveaux acteurs comme Amazon, qui a déjà provoqué plusieurs faillites, comme Virgin en France ou Borders aux Etats-Unis.

Darty comme Fnac, en difficulté il y a encore trois ans, ont opéré depuis d’importants virages stratégiques, autour du digital, des services et du développement de la franchise, pour renouer avec la croissance. Tous deux ont également diversifié leur offre, proposant notamment davantage de téléphonie et d’objets connectés.

Le rapprochement renforcera notamment leur puissance de négociation lors des achats réalisés auprès des mastodontes de l’électronique grand public, comme Apple et Samsung, pour obtenir de meilleurs tarifs.

Des économies d’un montant estimé de 85 millions d’euros devraient être réalisées, notamment sur la logistique, le transport et les fonctions support (comptabilité, informatique, etc..). Cet aspect provoque l’inquiétude des salariés qui redoutent des suppressions de postes au passage.

afp/20minutes.fr

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