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Le Nigéria boudé par les capitaux étrangers !

Le Nigéria boudé par les capitaux étrangers !

La dévaluation du Naira et la baisse continue du prix du baril érodent la confiance des bailleurs de fonds internationaux envers le Nigéria. Le pays a en effet, enregistré une contraction de plus de 30% des flux financiers à partir de l’étranger. Une situation qui oblige les autorités à étudier sérieusement les options offertes en terme de diversification économique.

Le Nigéria semble de moins en moins attractif pour les capitaux étrangers, selon le Bureau national des statistiques (NBS). En effet, Abuja a enregistré une baisse de 33% des flux en capitaux étrangers lors du 3e trimestre 2016, équivalent à 1,8 milliard de dollars. Selon les récents chiffres du NBS, le mois d’août dernier a enregistré les meilleures rentrées en capitaux, avec 894 millions de dollars rapportés au Nigéria. Ce qui représente la plus grosse somme depuis juillet 2015.

Une situation qui s’explique en partie par la dévaluation de la monnaie locale (Naira), qui a suscité la méfiance des investisseurs étrangers. Il n’empêche que ces derniers continuent à porter de l’intérêt aux bons étatiques. La mauvaise santé de la devise nigériane, Naira, a par ailleurs, entraîné une baisse des IDE échaudés par l’extrême volatilité des échanges extérieurs et une faiblesse macro-économique. La baisse continue des cours du pétrole n’arrange en rien la situation.

Le 3e trimestre a également vu une restructuration du pool des investisseurs étrangers au Nigéria, constitué en majeure partie d’opérateurs privés qui ont injecté 920 millions de dollars, dans l’économie nigérienne. Une somme qui représente près de 51% de l’ensemble des capitaux étrangers. Le secteur banquier reste le plus grand bénéficiaire de ces flux avec 550 millions de dollars, soit 30% de l’ensemble des capitaux captés lors cette période. Les télécoms représentent le 2e secteur à recevoir des fonds étrangers avec 245 millions de dollars réceptionnés lors de ce 3e trimestre. Les hydrocarbures ont pour leur part, totalisé un apport de 171 millions de dollars ce qui représente une baisse de 14,4% par rapport à la même période en 2015. Les services (hors IT) et l’industrie touristique n’ont engrangé aucun capital étranger lors de cette période, là où le forage et l’IT n’ont pas dépassé la barre du million de dollars.

L’Angleterre en pôle position

L’Angleterre reste le premier émetteur de capitaux en direction du Nigéria avec un peu plus de 1 milliard de dollars injecté dans l’économie locale. Ce qui représente 60,2% des flux de capitaux, une prépondérance qui s’explique par les liens historiques entre Londres et Abuja ou encore l’influence de la City sur les opérations financières au Nigéria. Pour leur part, les Etats-Unis représentent le 2e émetteur de capitaux avec 426 millions de dollars, équivalents à 23% des fonds captés par la place de Lagos. Les Pays-Bas ferment le podium avec un apport financier de 94 millions de dollars, soit un peu plus de 5% de l’ensemble des fonds.

Cette baisse des flux de capitaux captés par le Nigéria oblige de facto les autorités à étudier sérieusement les possibilités offertes au pays en termes de diversification économique. Une manière pour Abuja de maintenir, voire d’accroître ces réserves en devises pour éviter de se retrouver dans un scénario à l’égyptienne. Le Brexit et l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche accentuent la pression sur Abuja, vu que la Grande Bretagne et les Etats-Unis représentent les principaux partenaires du pays au niveau financier.

Amine Ater
latribune afrique

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