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Le premier Airbus A320 Neo doté de moteurs Safran-GE sort d’usine

Le premier Airbus A320 Neo doté de moteurs Safran-GE sort d’usine

L’A320 Neo et le moteur Leap sont vitaux pour l’aéronautique française.Du succès de ce moteur dépend l’avenir de Safran, mais aussi du 737 Max de Boeing et du C919 chinois.

Six mois après un premier vol, l’A320 Neo a franchi une nouvelle étape hier, avec la sortie d’usine du premier modèle équipé de moteurs Safran-GE. L’évènement est passé relativement inaperçu, deux A320 Neo, dotés de moteurs Pratt & Whitney ayant déjà entamé les essais en vol. Et pourtant, le « roll out » du MSN 6419 revêt une importante toute particulière pour l’industrie aéronautique française. Contrairement aux deux premiers, ce troisième A320 Neo est équipé de moteurs Leap-1A à 50 % français, conçus par CFM International, la co-entreprises de Safran-Snecma et de General Electric. Et son enjeu économique est véritablement colossal.

Fin décembre, le Leap-1A représentait plus de 55 % des commandes de moteurs passées par les clients de l’A320 Neo. Soit 1.195 appareils, sur un total d’environ 3.700 commandes d’A320 Neo, sachant qu’une grande partie des clients n’ont pas encore fait leur choix entre Pratt et CFM. Mais le Leap a aussi été choisi comme fournisseur exclusif par Boeing pour le B737 Max et par le chinois Comac pour son futur C919. Si bien qu’à fin décembre, le carnet de commande de CFM totalisait ainsi 8.500 moteurs Leap.

Pas le droit à l’erreur

CFM n’a donc pas droit à l’erreur. Du succès de ce moteur, qui promet un gain de consommation de 15 % sur son prédécesseur, le CFM-56, dépend clairement l’avenir de Safran, dont le quart du chiffre d’affaires repose aujourd’hui sur les moteurs CFM. Une déception liée à ce moteur serait aussi un sérieux revers pour le Boeing 737 Max et le C919 chinois, qui l’ont choisi comme moteur exclusif.

Les premiers essais en vol du MSN 6419 (qui doit être rejoint par trois autres Neo dotés de moteurs Leap sur les huit appareils prévus pour la campagne de certification) sont donc cruciaux. L’enjeu est tel qu’ à Toulouse, on se refuse encore à avancer la moindre date pour le premier vol. Pour le premier A320 Neo Pratt& Whitney, près de trois mois s’étaient écoulés entre la sortie d’usine, début juillet, et le premier vol le 25 septembre. Avec un peu de chance, l’appareil pourrait donc voler pendant le salon du Bourget, à la mi-juin. Mais contrairement au Purepower de Pratt & Whitney, qui avait testé une version sur le Cseries de Bombardier, le Leap n’a tourné que sur des bancs d’essais.

Première livraison fin 2016

Si tout se passe bien, la certification de l’A320 avec les moteurs Leap est prévue pour juin 2016, pour une première livraison au quatrième trimestre 2016. Soit un an après le premier A320 doté de moteurs Pratt & Whitney. Après quoi, il faudra réussir la montée en cadence de la production. Airbus, dont l’A320 reste la vache à lait, a déjà annoncé son intention de passer de 42 à 46 A320 par mois d’ici à 2016, et peut-être 50 par moins vers 2018. Ceci afin de parvenir à écluser un carnet de commandes A320. qui représente aujourd’hui plus de 10 ans de production. Tout retard en amon t pourrait avoir de graves conséquences.

Bruno TREVIDIC
lesechos.fr

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