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Le président mexicain en France pour renforcer la coopération économique

Le président mexicain en France pour renforcer la coopération économique

Le Mexique est cette année l’invité d’honneur du défilé du 14 Juillet à Paris.Une soixantaine d’accords doivent être annoncés pendant la visite d’Enrique Peña Nieto.

La date avait été arrêtée lors de la visite au Mexique de François Hollande au printemps 2014. Enrique Peña Nieto effectue, non seulement, une visite d’Etat en France à partir de lundi pour quatre jours mais en plus, privilège rare, le président mexicain sera présent dans la tribune officielle lors du défilé du 14 Juillet. Le Mexique est, cette année, l’invité d’honneur. C’est une étape supplémentaire dans le nouveau chapitre que la France et le Mexique ont ouvert depuis 2013, tournant ainsi définitivement la page de la période de brouille née de l’affaire Florence Cassez.

Pour cette visite, Enrique Peña Nieto vient accompagné d’une délégation d’une cinquantaine de patrons intervenant dans l’énergie, la mode et le design aussi bien que dans la santé. Tous secteurs confondus, une soixantaine d’accords devraient être signés tandis qu’un forum économique doit clore à Paris, jeudi, la visite. Entre-temps, le président mexicain se sera rendu à Marseille notamment chez Airbus Helicopters. La relation politique est revenue au beau fixe et peut capitaliser sur la bonne santé du Mexique.

Tiré par la demande des Etats-Unis, le pays connaît une croissance continue de ses exportations (hors énergie) qui bénéficie plus directement à l’électronique et à l’automobile. Désormais quatrième exportateur mondial de voitures, le Mexique concentre sur son sol toutes les marques internationales attirées par le marché américain. Kia, le coréen, vient de s’installer dans le sillage de Fiat, BMW ou encore Nissan. Cette bonne santé économique devrait se poursuivre cette année avec une hausse des exportations estimée de + 5 % puis de + 5,3 % en 2016, selon les prévisions d’Euler Hermes.

Des réformes attendues par les investisseurs

Outre la connexion directe avec le marché américain, qui absorbe près de 80 % de ses exportations, ce succès repose sur trois piliers dont la compétitivité du marché du travail et aussi le nombre d’accords de libre-échange que le pays a signés. L’essentiel revient pourtant au train de réformes – onze au total – que le président Peña Nieto a imposées dès son arrivée et qui ne sont pas toutes encore entrées en vigueur mais dont l’esprit revient à faciliter l’arrivée d’investisseurs étrangers dans certains secteurs.

« Les Mexicains vivent dans une économie de marché », explique ce bon connaisseur du pays. Depuis l’arrivée de la nouvelle équipe au pouvoir, les coûts de l’électricité et des télécommunications ont été sensiblement réduits, l’approvisionnement en gaz a doublé et l’intérêt des étrangers s’est affirmé. Ainsi, le domaine de l’énergie va connaître un tournant, mercredi, avec l’ouverture des champs mexicains. Une opportunité et à la fois un danger pour Pemex, l’entreprise d’état tentaculaire qui peut légitimement appréhender de voir débarquer les Shell et autres Exxon.

Si le Mexique est désormais en position de leader sur la zone, c’est aussi du fait des mauvaises performances de ses voisins, Brésil en tête mais aussi Argentine et bien sûr Venezuela. Sur une longue période, la performance du Mexique n’a jamais été exceptionnelle puisque depuis 1996, la croissance est en moyenne de 2,7 %. « Même le traité de libre-échange nord-américain a finalement eu peu d’effet sur la croissance potentielle », relève Crédit Agricole dans une récente note sur les marchés émergents. Autant dire que l’impact des réformes Peña Nieto est lui, vraiment attendu, le PIB pouvant aisément croître de 4 % par an.

Michel de GRANDI
lesechos.fr

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