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Le ralentissement chinois contamine: les économies subsahariennes

Le ralentissement chinois contamine: les économies subsahariennes

Le changement du modèle économique de la Chine affecte à la fois les économies avancées et celles de l’Afrique subsaharienne. Nombre d’entre elles devenues fortement dépendantes de la demande et des investissements chinois, selon un rapport publié récemment par le FMI. Du fait de sa croissance rapide sur les quarante dernières années, Pékin est devenu un hub pour le commerce international.

En 1995, les pays africains exportaient 90% de leurs produits en économies avancées. 20 ans plus tard, c’est une tout autre configuration. 50% des exportations africaines prennent la route de la Chine, Brésil et l’Inde. A elle seule, la Chine représente la moitié. Dans le sens inverse, les pays africains se fournissent principalement auprès de la Chine.

En multipliant ses partenaires commerciaux, l’Afrique a pu réduire la volatilité de ses exportations. Cette combinaison des échanges a contribué à amortir l’impact de la crise financière de 2008 qui a conduit à une profonde contraction chez les économies développées. Lors de cette période, la Chine a permis aux économies subsahariennes de garder une croissance robuste durant la période de récession.

L’empire du Milieu est également le premier investisseur en Afrique (36,1 milliards de dollars, soit plus de 40% des investissements en Afrique), selon The Africa Investment Report 2017. Le Maroc détient également une position de choix sur le continent africain et est le premier investisseur pour un bon nombre de marchés. Mais la Chine est en train de passer d’une croissance basée sur l’investissement à une croissance basée sur la consommation.

Pour la période allant de 2010 à 2014 le pays représentait plus de 40% de la consommation mondiale de métal, plus de 10% de la demande pour le pétrole non raffiné, 20% de la consommation de cultures agricoles, et plus de 20% de la demande en énergie primaire selon les chiffres de la Banque mondiale. L’empire du Milieu ne peut cependant garder un modèle de croissance basé sur la production et l’investissement.

Pour faire émerger la classe moyenne, la Chine se tourne vers la consommation des ménages. En conséquence, les importations chinoises de plusieurs biens (comme les métaux) ont reculé. La demande pour les produits agricoles a quant à elle augmenté. En fonction du type de produit exporté, les pays subsahariens ont été affectés de manière différente. Les résultats de l’étude menée par le FMI montrent que les exportations qui dépendent de l’investissement chinois sont grandement impactées par sa croissance.

Dans l’optique où le PIB chinois croît d’un point, un pays subsaharien exportateur de produits dépendants de l’investissement en Chine (tels que les métaux ou le pétrole) progresse de 2 points. Le FMI conclut donc qu’un ralentissement de la croissance à Pékin dû à une baisse de l’investissement aura un impact négatif sur ces pays. Les exportations de biens qui dépendent de la consommation chinoise sont quant à elles moins sensibles à un ralentissement de la croissance du géant asiatique. Ces pays demeurent néanmoins affectés par le comportement du PIB chinois.

leconomiste

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