mardi 27 octobre 2020
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Le risque de défaut de paiement de l’Afrique est écarté, selon Moody’s

Le risque de défaut de paiement de l’Afrique est écarté, selon Moody’s

Moody’s estime que le risque de défaut de paiement qui existait pour les créanciers privés internationaux du fait d’une possible extension de l’initiative de suspension temporaire du service de la dette du G20 est écarté. Les pays africains ont continué de payer leurs dettes malgré la covid-19.

Le risque africain sur les créanciers privés internationaux a baissé, selon Moody’s. L’agence américaine de notation explique que ce changement dans son analyse relève du fait que depuis l’annonce du moratoire temporaire du G20 sur le remboursement de la dette bilatérale des pays les plus pauvres, il n’y a pas eu d’évolution visible des discussions sur la façon dont ces créanciers seraient impliqués dans le processus.

Moody’s et les deux autres leaders mondiaux de la notation financière que sont Fitch Ratings et S&P Global Ratings avaient placé sous perspectives négatives les notes souveraines de plusieurs pays africains. Selon leurs analystes, il y avait un risque que le moratoire des pays du G20 soit étendu aux créanciers privés ; ce qui de leur point de vue aurait constitué un défaut de paiement.

On constate aujourd’hui que non seulement cette extension n’a pas eu lieu, car il aurait fallu pour cela que les pays en fassent la demande, mais aussi plusieurs pays africains ont continué d’honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs créanciers internationaux privés malgré la covid-19 et ses conséquences sur les économies.

« Par exemple, l’Ethiopie a effectué un paiement des intérêts sur ses eurobonds en juin, tandis que le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont continué d’effectuer des paiements aux créanciers du secteur privé en juillet. Le Pakistan et le Cameroun avaient quant à eux effectué des paiements de coupons sur leurs eurobonds en mai et juin, conformément à leur calendrier respectif de remboursement, et surtout, cela est intervenu au moment où le moratoire entrait en vigueur », a fait savoir Moody’s.

Les agences de notation ont été très critiquées en Afrique par plusieurs ONG internationales pour leur rigueur à l’endroit des pays les plus pauvres, alors qu’ils doivent eux aussi faire face à la covid-19. On a exigé de ces pays une exemplarité dans le remboursement de leurs obligations alors que dans le même temps, les banques centrales des marchés dits développés injectaient des milliers de milliards $ sous la forme de rachat de dettes publiques, et parfois même privées.

Selon de récentes indications de l’Institute of International Finance qui a aussi suivi ce processus, la dette mondiale a atteint les 258 000 milliards $ à la fin du mois de mars 2020 et devrait continuer d’augmenter au regard des évolutions constatées avec la covid-19. La part de l’Afrique dans cette dette reste assez marginale, avec un stock hors Afrique du Sud et Maghreb qui n’atteint pas les 800 milliards $.

agenceecofin

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