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Le scandale 1MDB éclabousse le fonds souverain d’Abou Dhabi

Le scandale 1MDB éclabousse le fonds souverain d’Abou Dhabi

Les autorités de Singapour ont condamné deux banques britanniques. Le fonds souverain d’Abou Dhabi serait mêlé à l’affaire.

Le plus grand scandale politico-financier au monde lié au fonds souverain malaisien 1MDB n’en finit plus de s’étendre. Alors que près de 4 milliards de dollars ont été détournés, les intermédiaires bancaires se retrouvent dans le viseur des autorités de régulation. Après les banques suisses , c’est au tour des établissements britanniques d’être touchés. Le régulateur singapourien vient de condamner Standard Chartered et Coutts Bank respectivement à 3,4 millions d’euros et 1,6 million d’amende. Il leur est reproché d’avoir enfreint la législation sur la lutte contre le blanchiment d’argent.

Un contrôle effectué chez Standard Chartered Bank a notamment révélé des « défaillances significatives » dans les mesures de vigilance nécessaires. Quant à la Coutts Bank, dont les activités en Asie ont été rachetées en 2015 par l’Union Bancaire Privée (UBP) suisse, elle a été sanctionnée pour un manque de vigilance à l’égard de clients qualifiés de « personnes politiquement exposées ». Enfin le régulateur de Singapour envisage de bannir de l’industrie financière un ancien banquier de Goldman Sachs pendant 10 ans. Tim Leissner aurait écrit de fausses lettres de recommandation pour le compte de Low Taek Jho, un financier malaisien soupçonné d’avoir participé au siphonnage du fonds.

Un fonds souverain peut en cacher un autre

Le timing est accablant pour les acteurs du scandale. Le même jour, le Wall Street Journal publie une enquête révélant que le fonds souverain d’Abou Dhabi serait également mêlé à l’affaire. En première ligne, son ancien patron Khadem Al Qubaisi, décrit comme un fan de nightclubs, qui aime être entouré de femmes légèrement vêtues.

Selon le quotidien, l’homme d’affaires séjourne actuellement dans une geôle d’Abou Dhabi. Arrivé à la tête du fonds souverain IPIC en 2007, il aurait détourné plusieurs centaines de millions de dollars du fonds souverain malaisien à son profit via une société créée par ses soins avec un nom très proche de la société Aabar Investment PJS. Cette dernière a été acquise pour mener à bien la diversification de l’IPIC au-delà du secteur pétrolier. Aabar a d’ailleurs placé de l’argent dans des nightclubs de Las Vegas.

Le scandale 1MDB a éclaté en 2011. En 2015, le Premier ministre malaisien, Najib Razak, est mis en cause pour avoir touché 700 millions de dollars du fonds qu’il préside. L’homme a finalement été blanchi. Sa fortune a été reconnue comme un cadeau de la famille royale saoudienne. L’affaire remonte même jusqu’à Leonardo DiCaprio, visé par une enquête américaine, en raison de ses liens avec le gendre du Premier Ministre malaisien, producteur du « Loup de Wall Street».

ETIENNE GOETZ
lesechos

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